12 janvier 2012
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"Ne nous y trompons pas : si nous ratons ce rendez-vous de la responsabilité et du courage, les conséquences économiques et sociales pourraient être comparables à celles provoquées par une guerre", a indiqué Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale, lors de ses voeux hier, à Paris. Des propos d'autant plus retentissants qu'il n'est pas spécialement connu pour être un adepte des petites phrases "assassines".
Bernard Accoyer réitère ses propos ce matin
Les réactions indignées provoquées par ces déclarations ne perturbent pas l'élu de Haute-Savoie, qui, ce matin, sur RTL, a confirmé ces propos. "Non, on ne peut pas regretter des propos qui sont interprétés d'une façon partisane et déformée".
"La gauche a pris ces propos exclusivement pour elle. La réalité, c'est que si on ne fait pas les réformes et qu'on ne maîtrise pas les dépenses publiques, la situation serait d'une extrême gravité. Si on ne peut plus parler du fond, ça pose un problème".
"Poursuivre une politique courageuse"
"2012 sera une année de vérité, a-t-il encore lancé. La gravité de la situation exige un cap et ne saurait s'accommoder ni du flou, ni de valses hésitations sur des sujets essentiels", a-t-il déclaré, s'en prenant, en creux, au candidat socialiste. Le choix se fera entre "poursuivre une politique courageuse de modernisation et de restauration de notre compétitivité" ou "exhumer un programme archaïque et utopique".
En 2012, nos compatriotes seront confrontés à un choix simple : dans les tumultes actuels, qui peut conduire la France et protéger les Français ? Qui peut défendre une vision ambitieuse pour la France ? Qui est le plus à même, face à la crise, de créer l'unité nationale et de rassembler dans un esprit de responsabilité ?", a-t-il achevé.
Martine Aubry : "Nous sommes à un autre niveau"
"Quand M. Accoyer s'exprime ainsi, il fait honte à notre République, a déclaré Martine Aubry, Première secrétaire du PS. Ce ton, c'est le ton de l'UMP par rapport à François Hollande et au Parti socialiste. Nous sommes à un autre niveau".
Interrogée aussi sur l'affaire de l'enquête que l'IGS (Inspection générale des services) est accusée d'avoir truquée, elle a répondu : "Je n'ai jamais vu ça (...). J'ai été ministre, j'avais 40 directeurs, sans doute la moitié de droite, la moitié de gauche, et je n'ai jamais eu de problème, parce qu'à ce moment, la République était là (...). M. Sarkozy aujourd'hui casse, divise, abîme et c'est cela qui fait le lit du Front national et des extrémismes".
Un comportement "indigne" pour Benoît Hamon
Benoît Hamon, porte-parole du PS, n'a pas tardé à réagir en qualifiant d'"indigne" le comportement de Bernard Accoyer. "C'est absolument consternant. Le président de l'Assemblée nationale se livre à une forme de surenchère ou d'escalade idiote pour caricaturer et injurier en comparant le socialisme à la guerre".
"Cela signifie aussi qu'il pense que l'autre moitié de l'Assemblée nationale incarne la désolation et le chaos", alors que "partout, en tant que député, il pourrait constater sur le terrain une situation de désespérance, d'injustice, d'inégalités", a-t-il fait valoir.
Jean-Pierre Bel l'invite "à plus de retenue"
Jean-Pierre Bel, président PS du Sénat, a, pour sa part, appelé "à plus de retenue" son homologue UMP de l'Assemblée nationale. "Il y a des mots qui sont lourds de signification et que l'on se doit de ne pas employer dans un débat républicain".
Pour le sénateur de l'Ariège, "ce dérapage verbal est le signe manifeste du désarroi exprimé par l'un des plus hauts responsables de la majorité nationale devant l'échec de Nicolas Sarkozy et l'aspiration des Français au changement à l'occasion des prochaines échéances électorales".
Une déclaration "choquante et absurde", selon Laurent Fabius
Pour l'ancien Premier ministre Laurent Fabius (PS), la déclaration de Bernard Accoyer est à la fois "choquante, absurde" et "stupide". "On attend d'un président de l'Assemblée nationale une tout autre attitude, faite de mesure, de perspicacité et de respect des équilibres démocratiques", a encore estimé le député de Seine-Maritime.
Jean-Marc Ayrault demande "des excuses"
Sur son blog, le député-maire de Nantes et président du groupe socialiste à l'Assemblée nationale publie une lettre qu'il affirme avoir envoyée à Bernard Accoyer, en considérant ses propos comme "outranciers et parfaitement indignes de sa fonction". Il ajoute : "Ce dévoiement du débat démocratique et de l’institution dont vous avez la charge doit cesser. Votre fonction vous impose le devoir d’y mettre un terme en présentant vos excuses".
Depuis quelques jours, les petites phrases se multiplient à droite comme à gauche. A trois mois de la présidentielle, chaque équipe de campagne semble bien décidée à se rendre coup pour coup. Cela promet...
24 mai 2012 à 18h19

24 mai 2012 à 20h05
24 mai 2012 à 14h33 - 1 réaction(s)