28 octobre 2009 à 09h51 - 6 réactions
Devant près d'un millier de membres du Club Villepin, l'ancien premier ministre s'est clairement posé en rival de Nicolas Sarkozy, hier soir, à la maison de l'Amérique latine, à Paris, proposant "une alternative républicaine" à l'esprit du président de la République.
Dominique de Villepin a estimé que la France "ne peut plus vivre avec une concentration du pouvoir, une personnalisation du pouvoir qui nuit à son efficacité". "Nous le voyons avec l'esprit de cour. Quand nous vivons à l'ère d'une démocratie d'opinion où jour après jour, ce sont les polémiques qui font l'actualité, nous ne répondons pas aux préoccupations des Français", a-t-il ajouté, tout juste dégagé des longues auditions du procès Clearstream.
"Une polémique chasse l'autre"
"Une polémique chasse l'autre. On l'a vu récemment avec un certain nombre d'affaires qui ont occupé le devant de la scène", a-t-il dit en allusion aux polémiques sur les écrits de Frédéric Mitterrand et les ambitions de Jean Sarkozy. En référence à la dernière controverse en date - l'ouverture d'un débat sur l'identité nationale préconisée par le ministre de l'Immigration Eric Besson - l'ex-locataire de Matignon a lancé: "Il n'est pas besoin de grand débat sur la République, sur l'identité nationale. Il est simplement nécessaire de faire vivre les principes qui sont les nôtres: liberté, égalité, fraternité".
Une attaque en règle
Qualifiant le rassemblement "d'acte fondateur", il a proposé, entouré de sa garde rapprochée, une "alternative républicaine", "au-delà des clans", tout en admettant que "cela ne se construit pas en un jour". "Merci pour aujourd'hui et merci pour demain", a-t-il lancé, sous les applaudissements, en référence à la présidentielle de 2012.
S'il a rendu une fois hommage à l'action de Nicolas Sarkozy, sur la présidence française de l'Union européenne, M. de Villepin s'est livré, pendant près d'une demi-heure, à une attaque en règle du bilan à mi-quinquennat du chef de l'Etat.
"Les Français ont le sentiment que le temps passe et que rien ne change"
"Les Français ont le sentiment que le temps passe et que rien ne change" avec des réformes imposées "d'en haut" et "sans résultat", a-t-il dit, estimant qu'avec la spirale du "chômage" et de la "dette", "oui, la République est en danger". Sans citer son rival, il a dénoncé "la France qui stigmatise" et "l'incapacité à corriger sa copie au jour le jour".
"L'entêtement, et j'en sais quelque chose, n'est pas toujours de bon conseil", a-t-il plaisanté dans une allusion à son fiasco sur le CPE en 2006.
Sarkozy crée un déséquilibre institutionnel
Dominique de Villepin a aussi reproché à Nicolas Sarkozy de créer un "déséquilibre institutionnel" alors que président et Premier ministre doivent "chacun compléter le travail de l'autre". Dans une courte allusion au procès Clearstream, il a réclamé le respect de "l'indépendance du système judiciaire".
Outre les députés estampillés villepinistes comme François Goulard, Jean-Pierre Grand ou Jacques Le Guen, étaient présents l'ex-ministre de Jacques Chirac, Marie-Anne Montchamp, et le président de Debout la République Nicolas Dupont-Aignan, tout comme son épouse Marie-Laure de Villepin, une bonne partie de son ancien cabinet à Matignon, ou encore la chanteuse Dani.
En raison de l'affluence dans les salons de la Maison de l'Amérique Latine, M. de Villepin a dû prononcer un second discours devant ses partisans retenus au rez-de-chaussée. "Ceux qui osent encore prétendre que tu es un homme seul sont vraiment dans l'erreur", a lancé l'ex-ministre Brigitte Girardin qui, sans évoquer l'échéance de 2012, a promis de l'alimenter, via le Club Villepin qu'elle préside, en "propositions concrètes fin 2010".
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