25 janvier 2012 Ã 17h25
Les filiales du groupe suisse Petroplus de Petit-Couronne (76) et de Reichstett (Bas-Rhin) ont été déclarées en cessation de paiement ce mercredi et ont déposé leur bilan après l'annonce mardi par leur maison mère qu'elle se préparait à la mise en faillite en Suisse. Le gourvernement s'est prononcé en faveur de la préservation du site normand qui emploie 550 salariés.
"Petroplus Raffinage Petit-Couronne a déposé une demande de mise en redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Rouen et s'est déclaré en cessation de paiement pour protéger la société après l'annonce de l'insolvabilité de la maison-mère", a déclaré un porte-parole à l'AFP. "Un administrateur judiciaire et un mandataire vont être nommés et c'est désormais sous l'égide du tribunal qu'on va chercher des liquidités et explorer les pistes pour une possible reprise", a ajouté cette source.
Mardi, Petroplus avait annoncé se préparer à la mise en faillite en Suisse de la société et de ses filiales à l'étranger, en raison de l'échec des négociations avec ses créanciers. Le groupe avait préciser vouloir demander le sursis concordataire dans tous les pays où il est présent (France, Allemagne, Belgique, Grande-Bretagne, Suisse), afin de protéger les intérêts de ses créanciers.
550 salariés à Petit-Couronne
La raffinerie de Petit-Couronne, qui compte 550 salariés, est à l'arrêt depuis début janvier. La mise en vente du site normand a été annoncée le 20 janvier, les syndicats espérant qu'une solution de reprise se dégagera rapidement. La direction a annoncé mardi être en mesure de garantir le paiement des salaires de janvier. Les salariés de Petit-Couronne bloquent depuis le début de la crise les derniers produits finis fabriqués sur le site.
200 millions de stocks retenus par les salariés
L'intersyndicale CGT-CFDT-CFE/CGC souhaite désormais voir "redémarrer l'activité le plus rapidement possible", a indiqué un porte-parole, Laurent Patinier, joint à l'issue d'une réunion à Bercy. "Nous comptons sur le gouvernement pour permettre de finaliser une reprise de la raffinerie, qui reste la base de toute une industrie en France", a ajouté le syndicaliste. Les syndicats évaluent à 200 millions d'euros la valeur des stocks qu'ils retiennent. Avant la réunion, l'intersyndicale avait mis en garde contre la colère des salariés si la situation n'était pas débloquée rapidement.
Le gouvernement souhaite la préservation du site de Petit-Couronne
La réponse du gouvernement n'a pas tardé. Le ministre de l'Economie, François Baroin, s'est fixé pour objectif "la préservation du site" de Petit-Couronne, au lendemain de l'annonce de la cessation de paiement de la raffinerie locale du groupe Petroplus, qui laisse six mois pour "la recherche d'un repreneur".
François Baroin a précisé que la société suisse Petroplus avait informé le gouvernement mardi "de l'échec des négociations avec ses partenaires bancaires, qui a entraîné la procédure de redressement judiciaire".
Le site de Reichstett également concerné
Un autre site français de Petroplus, celui de Reichstett, dans le Bas-Rhin, qui emploie encore près de 80 personnes après avoir cessé ses activités de raffinage, a lui aussi été placé en cessation de paiement et a également demandé son placement en redressement judiciaire, a confirmé de la direction. Une audience devant la chambre commerciale du tribunal de grande instance de Strasbourg est prévue lundi matin.
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