13 février 2012 - 1 réactions
Lire également :
> Roland Cayrol : "Ils auraient tort de se priver"
> Des programmes pas si décalés
> Des campagnes largement virtuelles
«J'appelle les fainéants, les crasseux, les drogués [et bien d'autres] à voter pour moi». C'était en 1980, et l'adresse était signée de celui qui reste jusqu'ici le plus célèbre des «petits candidats»: Coluche. Crédité à l'apogée de sa campagne de 16% des intentions de vote, il n'ira finalement pas jusqu'au scrutin. Et c'est bien le sort qui attend la quasi-totalité de ses successeurs. Sérieux ou folkloriques, voire provocants, ils sont une tradition du rendez-vous présidentiel français, et chaque élection est l'occasion pour eux de faire connaître leur «programme», qui tient parfois en un seul point.
Vote blanc...
«Ce n'est pas une candidature pour être dans la campagne, mes idées y seront de toute façon», expliquait, la semaine dernière, le Briochin Gérard Gautier, habitué des élections et ardent défenseur du vote blanc. D'autres thèmes ont leurs «avocats»: un monde «sans la City ni Wall Street» pour Jacques Cheminade, un des rares à s'être déjà réellement qualifié (0,28% des voix en 1995), la défense des petits actionnaires et la «révolution fiscale» pour l'inoxydable Nicolas Miguet, un habitué des campagnes comme des procédures judiciaires, ou encore la cause des jeunes pour Maxime Verner, 22 ans, et déjà toutes les dents d'un vieux loup de la politique.
... ou pas
Candidat le jour de ses 18 ans aux élections locales de Bron (Rhône), il se lance, cette fois, à l'assaut de l'Élysée avec gourmandise. Et compte bien parvenir aux fameuses 500 signatures. «J'y travaille. C'est dur, mais les maires sont plutôt fiers de me donner la leur, je n'ai pas les problèmes de certains autres partis.» Il évoque même, sans beaucoup y croire, l'hypothèse d'une alliance au second tour: «Mais pour l'instant, ils parlent surtout aux vieux, ce n'est pas une campagne d'avenir.» On citera aussi parmi les petits candidats «sérieux» l'ancien président du Conseil représentatif des associations noires, PatrickLozès, à l'audacieux slogan «Ne votez pas blanc», mais aussi un écologiste convaincu (Jean-Marc Governatori, suffisamment engagé pour avoir réuni 3,63% des suffrages aux européennes de 2009), un théoricien de la sortie de l'Europe (François Asselineau), un leader d'extrême-droite en rupture de ban avec le FN (Carl Lang) et même un royaliste (Patrick de Villenoisy).
En campagne les seins à l'air
Plus léger dans la présentation, le Finistérien David Derrien, alias Dédé l'Abeillaud, se voit comme «le seul, le vrai candidat de la biodiversité». Même si, plus que son programme, c'est son déguisement jaune et noir qui a fait la joie des télévisions. Mais si la plupart, donc, sont porteurs d'idées, d'autres... moins. Et certains même ne portent rien du tout, à l'image de la récidiviste Cindy Lee, strip-teaseuse de son état et candidate pour la troisième fois au nom du Parti du plaisir, connue surtout pour faire campagne les seins à l'air dans ce qu'on n'osera pas appeler un concept marketing gonflé. On n'oubliera pas «Rasta président», qui veut «Travailler moins pour vivre bien» et devrait arrêter la fumette, ou Raoul Wampas, auteur d'un intéressant programme visant à redresser la Gironde pour que la France retrouve le sourire. Et il y en a d'autres, promis à une exposition médiatique plus ou moins importante, fonction de leur capacité à attirer l'attention. Comme, finalement, leurs lointains concurrents, candidats professionnels.