3 octobre 2009
La patronne du PS, Martine Aubry, sort légitimée de la consultation militante qui a validé, jeudi, son grand chantier de la rénovation axée sur des primaires ouvertes pour 2012.
A une large majorité, plus de 92.000 militants ont approuvé les onze questions pour rénover le Parti socialiste, avec en tête celles des primaires ouvertes en vue de désigner leur champion pour 2012 et du renforcement du non-cumul des mandats. Alors que le dépouillement était en voie d'achèvement, la direction a évalué la participation à 46%, un étiage «assez élevé» pour une consultation hors congrès, s'est félicité le porte-parole, Benoît Hamon.
Une «innovation»
Les primaires ont été approuvées massivement: 68% des militants ont dit «oui» à une primaire ouverte «aux citoyens qui souhaitent le changement en 2012» pour choisir le candidat socialiste, 70% souhaitant intégrer d'autres formations de gauche. Toutes les autres questions sont plébiscitées
, qu'il s'agisse des règles d'éthique (86%), de la parité totale (71%), de la diversité (61%) ou de la démocratie interne (73%). «La primaire est une innovation extraordinairement importante» pour le PS, qui est ainsi «remis en selle alors qu'il était dans le trou», juge le politologue Gérard Grunberg. Pour Pascal Perrineau, du Cevipof, les primaires sont la «seule solution pour résoudre la crise de leadership devenue majeure».
«Bel exercice démocratique»
Martine Aubry, qui avait tout misé sur cette rénovation, lancée fin août à LaRochelle, a salué sobrement «un bel exercice démocratique». Benoît Hamon y a vu un changement «en profondeur du visage du Parti socialiste» qui va devenir «plus populaire, plus démocratique et plus transparent». C'est «un nouveau départ» pour Pierre Moscovici, «un camouflet pour ceux qui avaient parié sur le conservatisme et la division», selon Jean-Christophe Cambadélis, et «un mandat clair pour la rénovation», d'après Vincent Peillon. Les questions qui fâchent, comme le périmètre des primaires, sont reportées après les régionales. Les «travaux pratiques» de la rénovation débuteront entre les élections de mars et la convention de juin, qui doit modifier les statuts. Un nouveau vote des militants suivra.
Jean-Yves Le Drian a été confirmé, jeudi, comme tête de la liste PS aux régionales 2010 en Bretagne. Les cadres socialistes bretons s'efforcent de croire en une union des forces de gauche dès le premier tour.
Le président de l'union régionale du Parti socialiste (Breis), Bernard Poignant, n'est pas en phase avec une grande majorité d'adhérents PS bretons sur la perspective de primaires ouvertes en vue de 2012. Elles préfigureraient, selon lui, «une sorte de hara-kiri électoral». Alors hier, au lendemain du vote interne sur les principes (11 questions sur les primaires, le cumul et la limitation des mandats, la parité, etc.), le porte-parole du Breis a préféré commenter d'autres résultats: ceux de la désignation de la tête de liste PS aux régionales 2010. L'unique candidat, Jean-Yves Le Drian, a recueilli dans les quatre fédérations bretonnes un total de 3.614 voix. Soit 96% des 3.759 suffrages exprimés, sur 7.622 militants inscrits (94,73 en Ille-et-Vilaine; 96,13% en Finistère; 97,42% en Morbihan; 98,36% en Côtes-d'Armor).
Une «adhésion plus forte»
À peine la moitié d'entre eux a donc participé à ce scrutin sans véritable enjeu, puisque le président sortant de la Région Bretagne avait acquis, depuis juin, un soutien jugé «unanime». Bernard Poignant en tire au moins un enseignement: «Il a obtenu 1.212 voix de plus que lors de sa désignation en 2004, alors qu'il était aussi seul en lice. L'adhésion semble plus forteune fois le travail accompli avec son équipe de gauche». Avec Poignant, certains cadres socialistes bretons semblent encore croire en une gauche unie dès le premier tour des régionales. Même si les Verts et l'UDB ont pris la tangente. «La porte est toujours ouverte, le rassemblement est un objectif et l'unité est notre talisman», s'est évertué, hier, le porte-parole des socialistes bretons. «Ce n'est pas un acte de foi, mais un acte de réalisme», a-t-il insisté. «En cas d'affaiblissement du PS, c'est le cas aujourd'hui, la gauche est menacée. Le PS est imparfait certes, mais on sait depuis des années qu'il a une capacité d'entraînement et d'alternance», s'est dit convaincu Bernard Poignant.