22 février 2010
C'est un gigantesque hippocampe d'aluminium habité, dont le corps vertical semi-submersible, dérivera au gré des grands courants océaniques. La station océanographique révolutionnaire de l'architecte subaquatique Jacques Rougerie va intégrer son milieu naturel en 2011 et se lancer en Méditerranée en 2012.
Un monde immense
L'architecte de 64 ans, récent «immortel» à l'Académie des Beaux-Arts, vit sur l'eau, à bord de sa péniche St Paul amarrée au port des Champs-Elysées, sous le pont de la Concorde. Pour Jules Verne, le père de 20.000lieues sous les mers, «tout ce qu'un homme est capable d'imaginer, d'autres hommes sont capables de le réaliser». Jacques Rougerie imagine et réalise, ex nihilo. Son SeaOrbiter lui fut inspiré par le petit cheval de la mer. Haut de 51m, il comporte une partie immergée de 31m percée de larges hublots avec une vaste soucoupe, plate-forme de stabilisation pressurisée et habitée. Il offrira à son équipage, 24h sur 24, une vision constante du monde sous-marin. Dotée d'équipements d'observation et d'écoute océanographiques, c'est une station scientifique internationale, unique au monde, destinée à étudier la biosphère marine. «Les marins ne voient que la surface des océans. Ils sont aveugles à ce monde immense en dessous d'eux. SeaOrbiter sera le vaisseau symbole de cette nouvelle génération d'hommes qui ne sont ni terriens, ni marins. Je les appelle ?Merriens?. Nemo est le premier ?Merrien?. Je suis un ?Merrien?», explique Jacques Rougerie. www.seaorbiter.com