13 février 2012
Jacques Martin, le maire UMP de Nogent-sur-Marne, souhaite ériger sur sa commune une statue représentant une ouvrière en tenue de travail, en hommage aux plumassières, femmes d'origine italienne pour la plupart, qui travaillaient dans une ancienne fabrique de plumes de la ville, rapporte Le Parisien.fr. Problème aux yeux de plusieurs membres de l'opposition municipale : le modèle incarnant la fameuse ouvrière n'est autre que la Première dame de France, certes italienne, Carla Bruni.
"Une lubie" du maire
Ce projet de statue "est grotesque", considère l'élu socialiste William Geib, dénonçant une "lubie" du maire. "Et c'est une insulte pour les plumassières italiennes, de leur donner le visage d'une personne richissime. Je n'ai rien contre Carla Bruni-Sarkozy, mais elle ne représente pas le monde ouvrier", a-t-il ajouté.
De son côté, l'élu DVD Michel Gilles s'est insurgé contre ce qu'il estime être un "coup politique du maire" à l'approche de l'élection présidentielle.
Un coût prévisionnel de 82.000 euros
Les deux élus affirment que le maire a fait voter la réalisation de la statue lors d'un conseil municipal en 2011 mais qu'il n'a jamais été précisé que la statue "aurait les traits de Carla Bruni-Sarkozy". Les élus d'opposition ont indiqué que la mairie de Nogent a financé la réalisation de la statue à hauteur de 41.000 euros pour un coût prévisionnel estimé à 82.000 euros.
"Polémique stupide" selon le maire
Répondant à ces accusations, le maire a expliqué ce dimanche qu'il avait "pensé à Carla Bruni-Sarkozy parce que c'est la Première dame de France et que c'est la plus italienne des femmes françaises. Je lui ai proposé que son visage soit utilisé comme modèle et elle a accepté", a indiqué Jacques Martin à l'AFP, regrettant "une polémique stupide".
La statue de 2 m de haut sera baptisée la "Valnurese" (la Dame du Val Nure), en hommage aux habitants de cette vallée d'Emilie-Romagne qui "depuis 1860" ont quitté l'Italie pour s'installer à Nogent-sur-Marne. Elle sera installée "dans un espace privé", à l'intérieur d'une copropriété en cours d'aménagement en centre-ville, a précisé l'édile.
Un événement qui n'a rien à voir avec la politique, selon l'entourage de Carla Bruni
L'entourage de Carla Bruni-Sarkozy a expliqué pour sa part que l'ex top model avait accepté de poser pour l'artiste qui a sculpté cette statue, la Nantaise Elisabeth Cibot, dont elle apprécie l'oeuvre, mais qu'il "n'a jamais été question que son nom apparaisse". Pour l'entourage de la Première dame, cette polémique, "c'est utiliser de façon politique quelque chose qui n'a rien à voir avec la politique".