4 décembre 2009
Le maire UMP de Nice et ministre de l'Industrie Christian Estrosi a instauré un couvre-feu dans sa municipalité pour tous les mineurs de moins de treize ans. Ces derniers ne pourront plus circuler non-accompagnés dans la rue entre 23 h et 5 h, le mardi, vendredi, et samedi. Même chose pour les vacances scolaires et la période du carnaval (du 12 au 18 février).
Certaines allocations municipales pourront être retirées aux familles des récidivistes
"Nous sommes tous parents, grands-parents, et l'idée de savoir que notre enfant de 10 ou 11 ans, seul ou à fortiori accompagné d'autres jeunes, puisse se promener après 23 h dans les rues d'un centre urbain est impensable. Par conséquent, il ne faut pas attendre que son comportement le conduise à la délinquance pour agir ou qu'il devienne lui-même une victime", explique Christian Estrosi dans un communiqué.
Les mineurs surpris à braver ce couvre-feu seront immédiatement reconduits à leur domicile. S'il y a récidive, le mineur sera inscrit, après autorisation de la Cnil (Commission nationale de l'informatique et des libertés), à un fichier spécial. Il sera également inscrit d'office à des activités périscolaires. Et en dernier recours, certaines allocations municipales pourraient être retirées de la famille des mineurs récidivistes.
Ce couvre-feu est une manière pour Christian Estrosi de prendre plus qu'au pied de la lettre l'idée lancée par le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux début novembre. Ce dernier avait proposé un couvre-feu qui s'appliquerait aux mineurs de moins de treize ans, mais seulement pour ceux qui ont des antécédents de délinquance.
Hamon (PS) : "La droite veut "tendre le climat"
Le porte-parole du Parti socialiste Benoît Hamon a estimé ce matin sur France Inter qu'avec cette instauration de couvre-feu, la droite voulait "tendre le climat". Ce sont "des mesures dont on sait très bien que l'effet est marginal mais qui ont une vocation symbolique dans un climat entretenu par le gouvernement qui considère aujourd'hui que, pour essayer d'agréger l'électorat de la droite la plus dure autour de lui, il faut durcir le ton", a-t-il ajouté. Avant de déplorer que le gouvernement "ne s'attaque pas aux causes réelles de l'insécurité et aux faits réels de violence et d'insécurité dans ce pays".