14 avril 2009
Réussir l'intégration tout en respectant les valeurs de l'Islam: tel est le message lancé lors de la rencontre annuelle des Musulmans de France, qui s'est tenue au Bourget.
Soyez fiers d'être musulmans tout en réussissant votre intégration dans la société moderne: tel est le principal message transmis aux milliers de participants qui ont assisté durant quatre jours à la Rencontre annuelle des musulmans de France, au Bourget. Tariq Ramadan, l'islamologue suisse d'origine égyptienne, petit-fils du fondateur des Frères musulmans, a donné le ton en exhortant les musulmans de France à «ne pas s'isoler». «Ne vous isolez pas. Ce n'est que comme cela que vous ne ferez pas peur», a-t-il lancé devant une salle comble et enthousiaste. «Vous êtes là pour être fidèles à vous-mêmes», a-t-il ajouté, s'appliquant à donner des éléments de compréhension pour conjuguer l'Islam et la vie quotidienne dans une société occidentale. «Nous devons faire en sorte que nos croyances ne colonisent pas les croyances des autres. Nous n'imposons à personne de croire ce que nous croyons», a-t-il expliqué. Il a concédé que, dans une société moderne, l'Etat de droit «est nécessaire pour vivre ensemble». Son frère Hani Ramadan, également islamologue, a eu un discours plus radical, estimant notamment que l'Islam souffre «de se voir appliquer des critères réducteurs propres à la culture occidentale». Le jihad fait peur car il est ressenti comme synonyme de «guerre», alors que le mot signifie «effort, lutte en faveur de la paix», a-t-il souligné.
Loi sur la laïcité saluée
Plusieurs historiens ont également planché sur «l'apport de la civilisation musulmane à l'humanité» en médecine, philosophie. Tout au long de ces quatre jours, il a été question de respect des valeurs de l'Islam et d'intégration à la société. L'UOIF (Union des organisations islamiques de France), deuxième mouvement représentatif des musulmans en France, qui organisait cette rencontre, a salué la loi sur la laïcité mais contesté fortement les restrictions du port du voile (loi de juin2004 sur les signes religieux ostentatoires) qu'elle assimile à une discrimination. Le président de l'UOIF, Lhaj Thami Breeze, a aussi indiqué que l'ambition de son mouvement était d'«aider les musulmans à renouer avec leur religion et à réussir leur intégration».
