16 septembre 2009
Les services sociaux de la Sarthe ont reconnu leur échec dans la mort de la petite Marina, auMans. Des soupçons de maltraitance entouraient la famille de la fillette depuis plusieurs mois.
Les services sociaux de la Sarthe considèrent comme un «échec» la mort de la petite Marina, dont le corps a été retrouvé, la semaine dernière, au Mans, mais ils excluent toute erreur de suivi, malgré les soupçons de maltraitance qui entouraient sa famille depuis plusieurs mois. «Il y a un échec global dans la prise en charge de la situation, pour autant, on est dans l'humain et quels que soient les moyens mis en oeuvre, on ne peut pas tout empêcher», a souligné, hier, le directeur général des services du conseil général de la Sarthe, Claude Faucher.
Des signes alarmants
Le corps meurtri de Marina, huit ans, a été retrouvé vendredi dernier sous une dalle de béton dans un entrepôt de la banlieue du Mans. Ses parents, qui avaient forgé une histoire de disparition mystérieuse sur un parking de restaurant, ont été mis en examen pour homicide volontaire, séquestration et maltraitances, et écroués. Ils auraient reconnu des mauvais traitements récurrents, expliquant notamment que «Marina avait souvent faim», selon le parquet du Mans. La mort de l'enfant remonterait à début août: à l'époque, Marina a subi une «scène de violence», puis a été placée dans la cave du pavillon où la famille vivait à l'époque. Sa mère dit l'avoir retrouvée «inanimée», les parents auraient dissimulé son corps dans un congélateur, puis dans un entrepôt. La fillette avait fait l'objet d'un signalement en juin 2008 auprès du parquet du Mans, qui l'avait classé sans suite, puis d'une «information préoccupante» transmise au conseil général, en avril dernier. Le quotidien Le Maine Libre a publié, hier, un fac-similé du rapport établi par l'instituteur et le directeur de l'école que fréquentait alors la petite fille, avec une liste de signes alarmants relevés entre septembre 2008 et janvier 2009 : série d'absences sans certificats médicaux, «oeil gauche enflé suite à coup porté par son frère», «bleu au menton toujours pour le même motif», «blessures purulentes au niveau de l'oeil gauche», «profonde coupure sur le cuir chevelu»...
Famille de cinq enfants
Au total, sur les deux dernières années, la famille a changé cinq fois d'adresse dans le département. «Ce n'est pas toujours facile d'établir des faits de maltraitance (...), a posteriori on peut réécrire l'histoire, forcément» mais «les déménagements n'ont pas facilité les choses», a reconnu Claude Faucher. Le père, 37 ans, et la mère, 30 ans, enceinte, ont été écroués. Les quatre frères et soeurs de Marina, âgés de 18 mois à 10 ans, ont été pris en charge par les services sociaux.
