19 novembre 2011
Le lycéen mis en examen hier après-midi pour viol et assassinat était déjà sous contrôle judiciaire. En août 2010 il avait agressé une première jeune fille dans le Gard. Pour ces faits, le jeune homme avait effectué quatre mois de détention provisoire mais n'avait pas encore été jugé. On ignore encore dans quelles circonstances il a été scolarisé au collège cévenol, l'établissement privé réputé que fréquentait Agnès.
Un acte d'une grande violence
Le mineur reste "très froid et sans émotion" a témoigné hier soir le parquet qui évoque pudiquement une mise à mort planifiée, "extrêmement violente". "Il reconnaît qu'il l'a tuée, violée et brûlée" a poursuivi le procureur de la République de Clermont-Ferrand, Jean-Yves Coquillat. "Elle a été tuée de façon extrêmement violente et brutale", a ajouté le procureur, insistant sur la préméditation de l'acte, pour lequel le lycéen s'était muni d'"objets".
De troublantes similitudes
"La fois précédente, les circonstances étaient identiques. C'était la même chose sauf que la victime est restée en vie", a-t-il encore dit. "Il avait un contrôle judiciaire extrêmement strict qu'il respectait. Il était suivi par un psychiatre au Puy-en-Velay, puis par un psychologue dans l'établissement", a-t-il ajouté, insistant sur le fait que le lycéen avait été jugé réinsérable dans l'établissement.
Des expertises favorables
Les expertises ont établi "qu'il ne présentait pas de dangerosité, mais la psychiatrie n'est pas une science exacte", a fait voir M. Coquillat. Issu d'un milieu "normal" avec un père professeur, une mère comptable et deux soeurs, le jeune homme avait été "sevré" de son "problème de stupéfiants" "depuis son passage en maison d'arrêt", selon le procureur, et "il ne consommait pas d'alcool dans l'établissement".
Partis "chercher des champignons hallucinogènes"
Selon les informations de nos confrères de LCI, c'est pourtant au prétexte d'une cueillette de champignons hallucinogènes que le lycéen serait parti se promener dans la forêt mercredi avec Agnès. Il avait été aperçu sortant du bois, très perturbé, le visage griffé.
Marche blanche demain
En hommage à la jeune fille, une marche blanche aura donc lieu ce matin, à 10h, à Chambon-sur-Lignon, cette petite commune connue dans toute la France pour ses actes de résistance aux nazis. C'est aujourd'hui l'émotion qui domine alors que la fièvre des recherches est retombée et que l'affreuse nouvelle se répand.
Son père ne croyait pas à la fugue
Depuis l'annonce du drame, les témoignages de soutien à la famille de la victime affluent de toutes parts, sur Facebook notamment. Hier après-midi, avant la découverte du corps de sa fille, le père d'Agnès avait lancé un appel à tout "témoin".
Pour ce papa, qui rejetait l'idée que sa fille ait fugué, un élément était capital : elle avait laissé son manteau au collège Cévenol où elle était en classe de troisième . "Ses camarades ont dit qu'elle avait pu partir pour une course dans le village ou un rendez-vous...", avait-il ajouté.
Des moyens de recherche importants
L'inquiétude avait donc progressivement grandi depuis mercredi. Des recherches avaient commencé tôt hier vendredi. Selon le quotidien La Montagne, plus de deux cents gendarmes ont été mobilisés, un étang avait été sondé au sud-est du Chambon et un hélicoptère de Lyon, avec caméra thermique, a également été utilisé pour l'enquête.
Un soutien psychologique face au drame
Hier soir le ministre de l'Education nationale Luc Chatel a présenté ses condoléances à la famille de la collégienne et demandé au recteur d'académie "d'accompagner par un soutien psychologique la communauté scolaire dans ce terrible drame"