12 février 2012
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Se garer à deux kilomètres et demi du rocher. Puis marcher quelques centaines de mètres jusqu'au départ des navettes, ou bien poursuivre à pied jusqu'au monument, comme jadis mais sur une passerelle... Telles seront les deux possibilités de rejoindre le Mont Saint-Michel, dès la fin avril. «Ce sera, à mes yeux, le moment le plus important de l'ensemble du projet», confie François-Xavier de Beaulaincourt, directeur général du syndicat mixte de la baie, qui regroupe Bretons et Normands, État comme collectivités territoriales. «Il n'y aura plus de voitures au pied du Mont Saint-Michel. L'objectif est de renvoyer les contraintes du tourisme de masse sur le continent.»
On stationnera sur l'herbe
Le nouveau parc de stationnement est presque prêt. Il ressemble à un grand champ ordonné, hérissé de lampadaires. Pas de clôture mais des fossés infranchissables en voiture. On se garera sur de l'herbe, elle-même posée sur un mélange de terre et de pierre, pour ne pas s'enliser. Quelques services enfin, comme un chenil, des consignes, des toilettes... Qui manquent aux parkings situés au pied du mont. Le tarif, actuellement de 6,5euros, passera certes à 8euros, mais il incluera le transport par navettes (lire par ailleurs). Le nombre de places restera (par rapport à la situation actuelle) à4.150. Comme tout projet, celui-ci a connu ses polémiques. La principale résidant dans l'emplacement du grand parking. Les tenants des principaux commerces du mont et de la Caserne, le village situé à l'entrée de la route-digue, se disputant deux emplacements différents. Le choix effectué est réversible : suivant le comportement et les remarques du public, il sera possible, dit-on, d'en changer dans quelques années. Autre aspect qui fait grincer quelques dents : le fait d'éloigner le stationnement obligera le public à passer un peu plus de temps sur place. Cela inquiète les Malouins, par exemple, qui craignent que les touristes de passage au Mont n'aient plus le temps de venir chez eux.
Retenir les touristes plus longtemps ?
Mais les tenants du vaste projet espèrent que le public sera tenté de passer une nuit de plus dans ce coin de France. Sachant qu'avec les différents aménagements, le mont sera entouré d'eau bien plus souvent et que certains veilleront à ne pas manquer ce spectacle unique... Reste à savoir ce que fera, réellement, l'homo touristicus !
Coût total du projet : 210 millions d'euros. Le financement se répartit entre l'État pour 85 millions d'euros, l'Europe 20, environ 75 pour le syndicat mixte, quatre pour les deux agences de l'eau concernées (Loire-Bretagne et Seine-Normandie), le reste étant en délégation de service public (Veolia pour les parkings). A noter que les Normands paient environ deux fois plus que les Bretons. Site internet : www.projetmontsaintmichel.fr