2 octobre 2012
20 h 30. "Il n'y a pas de place dans la République pour la barbarie"
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls, invité mardi soir du journal de 20h de France 2, y a confirmé son message de fermeté de l'après-midi. "Il n'y a pas de place dans la République pour la barbarie", a-t-il martelé, tout en cherchant démarquer l'action du gouvernement de celle de Nicolas Sarkozy : "la droite oublie son bilan" . Il a d'ailleurs sèchement rembarré Nathalie Kosciusko-Morizet : "est-ce que vous croyez qu'après la mort de ces deux gamins je vais polémiquer avec une députée ?".
Il a par ailleurs confirmé la création en 2013 de 1.700 policiers supplémentaires sur l'ensemble du territoire français et insisté sur le rôle de la prévention : "sécurité, justice, réussite".
18 h 15. Des milliers de personnes à la marche blanche
Plusieurs milliers de personnes se sont réunies mardi soir pour une marche blanche à la mémoire des deux jeunes tués vendredi dernier à la Villeneuve, dans la banlieue de Grenoble, a constaté une journaliste de l'AFP. Ils se sont massés derrière des portraits des jeunes tués et une banderole sur laquelle étaient inscrits les prénoms des deux victimes, "Kevin" et "Sofiane".
17 h 31. Sofiane a reçu une trentaine de coups de couteau
L'agression contre les deux jeunes gens a été particulièrement violente : selon le procureur, 7 à 8 coups de couteau ont été portés contre Kevin, et une trentaine contre Sofiane.
17 h 18. 12 gardes à vue pour "assassinats"
Douze personnes ont été placées en garde à vue pour "assassinats", annonce le procureur de Grenoble. Celle des deux frères militaires a été prolongée.
"Les personnes qui sont en garde à vue sont des personnes que nous pensons avoir été sur place", a précisé Jean-Yves Coquillat. Lors d'une conférence de presse, il a aussi indiqué qu'aucun des gardés à vue n'a reconnu les faits.
Ce sont tous de "très jeunes adultes", de 19 à 21 ans, et "la plupart ont des casiers judiciaires pour vol avec violences, violences avec armes et en réunion", a précisé le procureur.
Trois participants présumés sont en fuite. Il est "possible" selon le procureur qu'ils soient "les plus intéressants".
11 h 45. Deux frères militaires et leur mère parmi les interpellés
Deux frères militaires et leur mère figurent parmi la dizaine de personnes interpellées après les meurtres à La
Villeneuve. La mère de famille a été arrêtée ce mardi matin, tandis que ses fils étaient les deux premiers interpellés de ce lundi après-midi.
11 h 05. Valls annonce une Zone de sécurité prioritaire
Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, a annoncé la création d'une Zone de sécurité prioritaire à La Villeneuve, promettant des "moyens supplémentaires".

10 h 45. Valls dénonce le "massacre" des deux jeunes tués
"Kevin et Sofiane ont été massacrés", a déclaré Manuel Valls, dénonçant une "violence" qui "fait peur". Et d'ajouter : "Ce crime ne peut pas rester impuni, il ne le restera pas". Mais pour Me Ronald Gallo, avocat de deux jeunes hommes en garde à vue, "il faut d'abord connaître qui a fait quoi et comment".
"Qualifier ces faits de "massacre" augmente la douleur des familles", a-t-il estimé, en s'adressant comme le ministre de l'Intérieur aux médias devant l'hôtel de police de Grenoble.
8 h 50. De jeunes adultes âgés de 18 à 21 ans interpellés
Selon une source proche de l'enquête, les interpellations de ce mardi matin ont essentiellement eu lieu à La Villeneuve, quartier sensible à cheval entre Grenoble et Echirolles. Et, selon une source policière, une majorité d'entre eux sont de jeunes adultes âgés de 18 à 21 ans. Ces interpellations s'ajoutent donc aux deux premières orchestrées ce lundi après-midi, dans l'agglomération grenobloise et à Hyères (Var).
Des policiers, dont certains en civil, sont intervenus dès 6 h, suivis par de nombreux médias, et l'opération se poursuivait en début de matinée.
Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, arrivé la veille au soir avec François Hollande, est resté sur place, participant dans la nuit à une ronde policière dans le quartier.
8 h 45. Hollande à Echirolles : "Il était temps", selon Copé
Jean-François Copé, n°1 de l'UMP, interrogé par Canal+ sur la venue de François Hollande à Echirolles, a estimé qu'il "était temps" qu'il "se manifeste" et appelé le gouvernement à écarter les "idéologies". Le président, "si absent depuis le début de son quinquennat sur toutes ces questions, devait évidemment être aux côtés des familles", a-t-il insisté.
"Il ne peut pas y avoir un tel décalage entre ce que nous avons fait pendant toutes ces années avec Nicolas Sarkozy - une implication très forte, avec une dimension humaine, sensible et affective, en plus de l'action en matière de sécurité - et le silence total depuis quatre mois sur les questions de sécurité".
7 h 05. Dix interpellations
Ce mardi matin, la police a interpellé dix personnes dans le cadre de l'enquête sur le meurtre à l'arme blanche de deux jeunes dans le quartier de La Villeneuve, dans la banlieue de Grenoble. Cette opération intervient après deux premières interpellations ce lundi.
RETOUR SUR LE DRAME
Le quartier, qui avait déjà connu des épisodes de violence en avril et juillet 2010, n'a plus rien du doux rêve utopique des années 70, lorsque Grenoble brillait sous les feux des jeux Olympiques. Aujourd'hui, les habitants - à l'unisson de la maman de Kevin, Aurélie Noubissi - disent leur abandon. Autour des barres d'immeubles et du centre commercial, seul un jeune de 16 à 24 ans sur deux est scolarisé, selon un rapport de l'Insee de mars 2011.
Claude Jacquier, directeur de l'Observatoire des discriminations et des territoires interculturels, et habitant de La Villeneuve, côté Grenoble, déplore "le manque d'effectifs de police" et "l'abandon totale des institutions". "Ces jeunes qui posent problème ne communiquent pas. Ils ont une réflexion basique, sont dans l'immédiateté, ils veulent tout tout de suite", analyse l'ancien chercheur au CNRS.
Des jeunes en manque de défoulement
"Ils sont sans activité toute la journée, ne font aucune activité physique, ne sont pas fatigués. Alors, dès qu'ils ont une occasion de se défouler, ils le font sans en mesurer les conséquences", poursuit-il, alors que le taux d'activité dans ces quartiers atteint difficilement les 60 %, selon le même rapport de l'Insee.
"Clairement, les jeunes ne savent pas quoi faire de la journée. Ils ont perdu les codes de la vie en collectivité", raconte Nathalie Piccarreta, qui a grandi dans le secteur des Granges où s'est déroulé le drame. "Le quartier s'est paupérisé. On est devant deux générations sacrifiées qui ont été abandonnées et n'ont aucun repère", souligne cette quadragénaire, qui, comme les amis de Kevin et Sofiane, "espère que leur mort n'aura pas servi à rien".
La terrible absence au mariage
Samedi après-midi, Kevin et Sofiane étaient témoins au mariage de leur ami Borhane. Le jeune homme s’est marié en mairie de Grenoble, avec Sarra, rapporte Le Dauphiné. "Devant des membres des deux familles, des proches. Un mariage, des sourires, un élu, une écharpe tricolore, des «C’est pour la vie»… Sauf que Kevin et Sofiane, ses «deux amis, non, ses frères», n'étaient plus là.
Hollande à Echirolles le 1er octobre 2007
D'ici à ce qu'on reproche au président de marcher dans les pas de son prédécesseur, il n'y a qu'un pas... même si le style, bien sûr, est différent.
19 mai 2013