30 avril 2009 - 2 réactions
Le Parti communiste a constitué, avec le Parti de gauche de Jean-Luc Mélenchon, un «front de gauche» en vue des élections européennes. Pourquoi avez-vous échoué à rassembler plus largement la gauche de la gauche?
Il est faux de dire cela. En plus du Parti communiste et du Parti de gauche, nous rassemblons également la «gauche unitaire», c'est-à-dire toute une série d'hommes et de femmes qui étaient à la LCR ou au NPA et qui n'ont pas souhaité suivre la décision du NPA de refuser l'union de ceux et celles qui veulent changer l'Europe. Nous avons aussi été rejoints par des hommes et des femmes du MRC qui n'ont pas accepté que cette formation n'adhère pas à notre démarche alors que nous avions porté ensemble le non au projet du Traité constitutionnel et qui ont constitué un groupe qui s'appelle «République et socialisme». Je regrette que cela ne soit pas plus large, mais les portes sont toujours ouvertes. Nous sommes la seule liste qui porte cette aspiration à l'unité de la gauche.
Les sondages vous placent derrière le NPA d'Olivier Besancenot. Cela vous inquiète-t-il?
Le dernier sondage publié nous crédite de 5,5% des intentions de vote. Cela tient au peu de visibilité médiatique que nous avons eu jusqu'ici. Mais la campagne commence. Beaucoup de gens viennent à notre rencontre dans toutes les circonscriptions. Ils débattent et veulent comprendre pourquoi il est important de voter le 7juin. Ils constatent que notre démarche est intimement liée avec le mouvement social, avec les luttes pour la défense des services publics, avec les luttes pour l'emploi et pour les salaires et qui sont ainsi liés aux choix qui vont s'imposer demain au niveau de l'Union européenne.
Les socialistes lorgnent de plus en plus ouvertement vers le MoDem. S'ils devaient faire alliance avec François Bayrou, cela interdirait-il à vos yeux la reconstitution de la gauche plurielle?
En France, comme au Parlement européen, le MoDem vote en faveur de tous les textes de la droite. Si le Parti socialiste faisait ce choix, cela ne répondrait pas aux exigences populaires d'aujourd'hui. Nous ne pourrions adhérer à une telle alliance. Le 28mai, je défendrai à l'Assemblée nationale une proposition de loi qui prévoit des mesures urgentes en faveur du pouvoir d'achat et de l'emploi. Elle vise à interdire les licenciements dans les entreprises qui distribuent des dividendes et vise à instaurer un smic à 1.600euros. J'appelle tous les députés de gauche à voter ce texte. La gauche doit avoir le courage d'affronter les logiques libérales, la loi des actionnaires et défendre les salariés. C'est seulement sur cette base-là que la gauche doit se rassembler. Il ne faut pas chercher une majorité qui serait fondée sur des accords avec une partie de la droite.
Ne pensez-vous pas que la crise actuelle appelle, au contraire, davantage d'unité nationale?
La crise provient du fait que, depuis des décennies, les richesses créées par le travail ont été se perdre dans des jeux spéculatifs au lieu d'aller à la recherche, à la production, aux salaires, à la qualification, à la formation, à la santé et aux grands équipements. Il ne faut surtout pas continuer dans la même voie. C'est pourquoi l'unité qui porte une solution pour sortir de la crise, c'est celle des salariés.