25 janvier 2012 - 1 réactions
«Je fais un mandat, et après je vais dans le privé». C'était en 2006. Nicolas Sarkozy, entouré d'une vingtaine de proches, mettait sur pied sa campagne pour la présidentielle à venir. Et envisageait, déjà, que cela pourrait être la seule. Cinq ans plus tard, au plus bas dans les sondages, «vieilli, usé, fatigué», comme aurait dit Lionel Jospin, l'idée n'est pas totalement farfelue. Le Président, qui envisageait publiquement sa défaite pour la première fois il y a quelques jours («En cas d'échec, j'arrête la politique. Oui, c'est une certitude.»), déclarait alors à quelques journalistes: «De toute façon, je suis au bout. Dans tous les cas, pour la première fois de ma vie, je suis confronté à la fin de ma carrière.» Celle-ci, ajoutait-il, peut intervenir dans quelques mois ou dans cinq ans. Dans ce cas, «je changerai complètement de vie, vous n'entendrez plus parler de moi».
«En tant qu'épouse...»
Le changement de vie, il n'est pas le seul à y penser: Carla Bruni-Sarkozy, dès 2009, l'avait dit: «En tant qu'épouse, un seul mandat me suffirait.» Les propositions de reclassement ne devraient pas manquer, et à en croire Brice Hortefeux, Martin Bouygues aurait déjà multiplié les avances dans ce sens. L'occasion pour l'avocat de formation de «gagner de l'argent», comme il en avait formulé le souhait aux autres chefs d'État à Cannes, juste avant le G20. Reste qu'il est évidemment le candidat le plus légitime pour la droite, et que son entourage, qui multiplie les conseils et appels du pied, ne semble pas prêt à le laisser abandonner. Sans compter que son absence ouvrirait une guerre de succession qui devrait être éclair pour ne pas laisser le champ libre aux socialistes.
Juppé : «Je tenterais ma chance»
Fillon, Juppé? Le Premier ministre, fort d'une bonne cote de popularité notamment à droite, et son ministre des Affaires étrangères, le fameux «meilleur d'entre nous», auteur d'un quasi-sans-faute depuis son retour au Quai d'Orsay, font logiquement figure d'archi-favoris. François Fillon s'est toujours défendu d'y penser, en tout cas en public. Mais Alain Juppé, lui, n'a jamais fermé définitivement la porte. Il l'avait d'ailleurs dit en juin dernier: «Si, pour des raisons qui aujourd'hui sont hautement improbables et que je ne souhaite pas, il n'était pas en mesure de se présenter, voilà, je tenterais ma chance». On n'en est pas là, et le choix tactique consistant à se déclarer le plus tard possible (pas avant mars, suggère Claude Guéant) laisse encore toutes les options ouvertes. Mais la séquence «classique» de deux mandats, telle que l'ont vécue François Mitterrand et Jacques Chirac, n'est plus, à ce jour, la seule possible.