29 avril 2009
Les députés reprennent aujourd'hui l'examen du projet de loi très controversé contre le téléchargement illégal. Gauche et droite cherchent à s'attirer les faveurs des artistes.
Alors que le projet de loi contre le téléchargement illégal revient à la case départ aujourd'hui à l'Assemblée, trois semaines après son rejet-surprise, le gouvernement et les députés UMP d'un côté, et la gauche de l'autre, tentent de rallier à leur cause les artistes. «Le monde de la culture est massivement à notre côté», a ainsi déclaré, hier à l'Assemblée, la ministre de la Culture, Christine Albanel, en défendant le texte Hadopi, qui prévoit notamment la suspension de l'accès internet en cas de téléchargement illégal.
Bedos «atterré par la position du PS»
«La gauche s'est coupée des créateurs», estime Nicolas Sarkozy. «Le PS ne peut pas défendre la régulation et s'y opposer», a déclaré le chef de l'État, d'après Le Figaro. Le président s'est ainsi fait l'avocat des droits d'auteur en recevant, la semaine dernière à l'Élysée les chanteurs Patrick Bruel, Michel Jonasz, Françoise Hardy ou Eddy Mitchell, le producteur Pascal Nègre (Universal), les cinéastes Jean-Jacques Beineix, Claude Lelouch, Bertrand Tavernier ou l'acteur Jean Reno. Également présente: son épouse Carla Bruni, chanteuse sous contrat avec le label indépendant Naïve. L'humoriste de gauche Guy Bedos et le réalisateur Philippe Lioret se sont déclarés avec d'autres «atterrés par les positions défendues par le Parti socialiste» sur cette question.
Jeanne Balibar franchement contre la loi
Sur la défensive, les députés PS affirment ne pas comprendre «en quoi nous devrions demander pardon aux artistes, qui nous ont toujours trouvés à leurs côtés dans l'action gouvernementale comme dans nos politiques locales». Quelques artistes viennent à leur rescousse. De grandes figures du cinéma ont signé une «Lettre ouverte aux spectateurs citoyens», hostile au texte. Parmi eux, Catherine Deneuve a cependant fait savoir qu'elle ne s'opposait pas au texte mais à «certaines de ses modalités qu'elle voudrait voir améliorées». Une autre actrice, Jeanne Balibar, est franchement contre: «Cette loi est inutile et dangereuse. L'histoire de l'art a toujours reposé sur l'exploitation de techniques nouvelles», a-t-elle déclaré en compagnie des réalisateurs Christophe Honoré et Gaël Morel. Le patron des députés PS, Jean-Marc Ayrault, s'est déclaré «heureux de voir que des artistes se mobilisent».
