14 octobre 2009
Les six occupants d'un avion de tourisme ont été miraculeusement sauvés, de nuit, après avoir survécu plus de six heures au large de la Corse, dans une mer déchaînée.
Immense soulagement, hier, à Ajaccio, au lendemain du sauvetage miraculeux des six occupants de l'avion de tourisme accidenté au large de la Corse. Un sauvetage mené grâce à l'expérience et au sang-froid du pilote et des secours. «On a douté, c'est un miracle. On a eu une chance extraordinaire de s'en sortir», explique le pilote du Cessna 210 «Centurion», Clément Zylberberg, sur son lit d'hôpital. Ce pilote d'Air France de 36 ans, le visage fatigué et entaillé de quelques éraflures autour de la bouche, raconte calmement l'horreur vécue avec ses cinq compagnons (deux femmes et trois hommes) pendant près de sept heures dans une mer démontée. Il dit avoir combattu la peur et évité la panique en s'accrochant «rigoureusement aux procédures d'amerrissage». Ce fut le début d'une odyssée qui devait s'achever tard dans la nuit au terme de souffrances et d'efforts hors du commun. Le pilote a lui-même salué l'efficacité opiniâtre des sauveteurs de la Sécurité civile, de l'armée de l'Air, de la Marine et de la Gendarmerie.
Portes déverrouillées
«Nous avions décollé depuis peu. L'avion marchait parfaitement bien. D'un seul coup, le moteur s'est arrêté. Je pense qu'on a eu une rupture d'alimentation d'essence (...) il fallait envisager de poser l'avion sur l'eau», explique Clément Zylberberg. «La mer était démontée avec des creux de quatre, cinq mètres. Je me suis placé parallèle à la houle pour éviter un impact direct dans la vague», poursuit le pilote. Avec sa compagne, Isabelle Coxon, hôtesse de l'air, «nous avons déverrouillé les deux portes du Cessna, ce qui nous a, entre autres, sauvés» puisque l'avion a tapé la mer de la queue avant de couler en une minute environ. «Une fois l'avion immergé, on a pu ouvrir les portières et s'échapper avec les gilets de sauvetage», que la jeune femme avait auparavant distribués aux quatre autres occupants, dont ses parents, âgés de 66 et 68 ans.
«On va y arriver»
«C'est mon héros», glisse Isabelle Coxon qui remercie son compagnon de lui «avoir sauvé deux fois la vie». «Il m'a toujours encouragée en disant ?on va y arriver?, en luttant contre les vagues, les crampes, la nuit...» La chute en mer n'a pourtant été, raconte-t-elle, que «le début d'une longue attente». «Ce qui nous a sauvés, c'est que les gilets étaient équipés de petites lumières alors que nous étions ballottés par les vagues. Les militaires qui ont des lunettes infrarouges ont pu nous repérer». «Ce serait arrivé le matin, on ne serait peut-être pas là», conclut, souriante, l'hôtesse de l'air.