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France

La Bretagne, base logistique de l'ETA dès 1984

20 octobre 2009

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Les relations entre l'ETA et la Bretagne ont longtemps été liées auxconnexions entre l'organisation séparatiste basque et l'ARB, Armée révolutionnaire bretonne. Elles ont connu leur apogée, en 1999, avec l'affaire du vol des explosifs de Plévin(22).

Des liens entre l'ETA et l'ARB se tissent à partir de 1984, lorsque la France interdit aux militants basques demandeurs d'asile de s'installer dans le sud-ouest du pays, de crainte que ne s'y développe une base arrière. « Basques et Bretons : les liens remontent à la fin des années 80, rappelle un policier qui a longtemps suivi ce dossier. Tout a débuté quand on a voulu mettre les Basques... loin du Pays Basque. On n'a rien trouvé de mieux que les envoyer en Bretagne... Forcément, ils se sont trouvé des intérêts communs. Les Bretons ont commencé à les herberger, puis cette hospitalité a glissé vers un soutien plus appuyé, au niveau logistique. C'est à ce moment, au début des années 90, que de grandes vagues d'interpellations ont été lancées. Cela a mis fin à cette première période. »

«Coopération opérationnelle»

C'est du moins ce que pensaient les autorités. Car, dès 1993, la mouvance bretonne entre dans une phase activiste et terroriste (une trentaine d'attentats jusqu'en 1999). « Le soutien s'est transformé en coopération opérationnelle, relate le policier. Chaque camp a tiré profit de l'autre pour commettre ses attentats. » Jusqu'à ce qu'un commando d'ETA (dont le chef logistique d'ETA) soit interpellé près d'Agen (47), deux jours après le vol de 8,75 t de dynamite, à Plévin (22), près de Carhaix, le 28 septembre 1999. Quelques jours plus tôt, les Etarras avaient été aperçus avec des membres présumés de l'Armée révolutionnaire bretonne (ARB), à Lorient. Des RG les filaient depuis plusieurs jours.

Utilisés à Quévert

Chez les Bretons, dont l'enquête démontrera qu'ils ont apporté une aide logisitique aux Basques, les policiers trouveront, d'ailleurs, une partie du butin de Plévin. Tout le stock n'a cependant pas été retrouvé. Selon l'enquête, à l'époque, les explosifs de Plévin auraient tué, en Espagne, 18 personnes et blessé une centaine d'autres, entre janvier 2000 et juillet 2001. On a aussi retrouvé la trace de ces explosifs dans cinq attentats en France, dont celui contre le Mc Donald's de Quévert, près de Dinan (22), le 19 avril 2000, qui avait causé la mort d'une employée, Laurence Turbec. Pour le procès des explosifs de Plévin, les trois Etarras avaient écopé de peines allant de 15 à 20 ans de prison. Pour les dix Bretons poursuivis, neuf avaient été condamnés à des peines allant de quatre à sept ans de prison. Un avait été acquitté. Tous avaient été acquittés pour l'attentat de Quévert, un an plus tôt. Sept avaient été condamnnés, pour les autres attentats pour lesquels ils étaient poursuivis, à des peines allant de cinq de prison avec sursis à onze années de réclusion criminelle.

  • Hervé Chambonnière
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