5 novembre 2009
Maître Jean Veil, l'avocat de Jacques Chirac, revient sur le renvoi de Jacques Chirac devant le tribunal.
N'est-il pas logique que Jacques Chirac ait à s'expliquer devant un tribunal dès lors que certains de ses anciens collaborateurs (Alain Juppé, Michel Roussin) ont été condamnés pour des faits similaires?
Cela ne va pas de soi. Les dossiers se présentent de manière différente, et je pense qu'on aurait pu faire une autre lecture, comme l'a fait le parquet, et prononcer un non-lieu.
Vous avez évoqué un «naufrage judiciaire». N'est-ce pas excessif?
Ce que j'ai dit, c'est que dans certains dossiers où il y a eu des naufrages judiciaires, ce n'était pas nécessairement le juge d'instruction qui avait raison. Dans ces affaires, le parquet avait requis des non-lieux, et le juge, s'étant obstiné, avait renvoyé les intéressés devant le tribunal. C'est cela qui donne le sentiment d'un naufrage judiciaire. Nous sommes aujourd'hui dans un dossier où il y a deux lectures possibles. Je trouve dommage que le juge d'instruction n'ait pas eu la même lecture que le parquet.
Ce type d'affaire met-il en cause, à vos yeux, le rôle du juge d'instruction?
Il y a des décennies que le rôle du juge d'instruction est remis en cause. Il doit instruire à charge et à décharge. Et c'est difficile pour un magistrat de lutter contre sa propre conviction et de détruire un dossier qu'il a patiemment construit. Dès lors, le travail du juge n'est plus celui d'un arbitre.
L'ancien secrétaire général de la présidence de la République, Frédéric Salat-Baroux, souhaite que le procès «vienne, et vienne vite». Est-ce aussi votre position?
Il me semble qu'à partir du moment où le juge a décidé de renvoyer le président Chirac devant le tribunal, il vaut mieux le faire rapidement. Je ne vois aucune raison d'attendre et de tergiverser.
