José Bové. «Ne pas prendre les citoyens pour des gogos»
Premier meeting, hier à Brest, des listes Europe- écologie. José Bové y a défendu l'idée d'un «plan européen de relance écologique», permettant de «créer dix millions d'emplois verts en dix ans».
N'est-il pas difficile pour les écologistes de se faire entendre dans le cadre de cette campagne européenne, quand l'époque est surtout dominée par les préoccupations sociales?
La crise actuelle est née il y a 18mois, avec les émeutes de la faim dans plusieurs pays. La crise économique et financière a suivi. Pendant ce temps, la crise climatique se poursuit. En réalité, on assiste à une addition de crises mondiales qu'il faut traiter en même temps. A l'inverse de la politique économique catastrophique de Sarkozy, nous proposons un plan européen de relance écologique, permettant d'investir sur le long terme. Nous parions qu'avec 1.000milliards d'euros, nous pouvons créer 10millions d'emplois verts en dix ans. Sans changement radical de politique, l'effet de serre finira par faire exploser la planète et la solution ne peut pas être nationale.
Ne craignez-vous pas que les listes du NPA d'Olivier Besancenot vous taillent des croupières le 7juin?
A l'évidence, la plupart des forces politiques, le NPA comme le PS, l'UMP ou le MoDem, font cette campagne à reculons, en espérant qu'elle sera courte, avec le risque de tromper les électeurs sur les vrais enjeux. Pour en revenir à Besancenot, humainement je n'ai rien à lui reprocher mais je ne pense pas que la critique du capitalisme permette, à elle seule, de résoudre les problèmes écologiques de la planète...
Que vous inspire la radicalisation des conflits sociaux à laquelle on assiste ces derniers temps?
Ce que je remarque, c'est que les actions spectaculaires des salariés se traduisent par des avancées pour leurs revendications. Bien? Mal? Comme dit un vieux dicton chinois, "quand le sage montre la lune, le fou regarde le doigt"... La vraie question est de savoir pourquoi ils sont conduits à de tels modes opératoires pour se faire entendre! Les vrais responsables de ces situations sont clairement le Medef et le président de la République qui bloquent tout dialogue social.
Êtes-vous confiant sur le résultat de vos listes à ces européennes?
Nous espérons au moins un élu dans chacune des huit grandes régions. Et, pour cela, nous menons une campagne sur des thèmes européens, une campagne qui, elle au moins, ne prend pas les citoyens pour des gogos.
- Propos recueillis par Patrice Le Berre
3 réactions
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duve...
le mariage du loup et de l'agneau
Madame le juge qui a donné des leçons de justice à la France entière qui s'affiche avec José Bové!! on rêve c est le monde à l'envers.
Ajouté le 10 avril 2009 à 18h41
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On ne construit pas une pyramide en commençant par le sommet
Dans les crises qu'évoquent José Bové et ses colistiers, ils oublient la crise démocratique dont l'exemple le plus frappant fut le vote du Traité Constitutionnel européen : 55% des électeurs ont voté contre alors que 95% de la représentation nationale était pour et c'est la représentation nationale qui a gagné pas le peuple qui s'est exprimé.
La constitution de la liste Europe Ecologie a suivi la même logique où les organisateurs confondent le peuple avec les people. Si le casting est médiatiquement vendeur, il n'est pas certain que les citoyens se laissent prendre à cet effet miroir. 8 500 citoyens se sont exprimés en faveur d'une primaire de rassemblement des écologistes et altermondialistes. C'est peu mais c'est quasi autant que les soutiens de la liste Europe Ecologie.
«Ne pas prendre les citoyens pour des gogos»
L'inconvénient d'utiliser un slogan négatif c'est que le lecteur a tendance à le lire en positif "une campagne qui, elle au moins, ne prend pas les citoyens pour des gogos." devenant pour celui qui la reçoit "une campagne qui, elle au moins, prend les citoyens pour des gogos."
La liste Europe Ecologie ne rassemble pas le peuple de l'écologie comme en témoignera le nombre de listes qui au final se réclameront de l'écologie. En refusant d'innover en mettant en place une primaire permettant aux citoyens de participer à processus démocratique autrement qu'en votant le 7 juin, elle a pris le risque de marginaliser une fois encore l'écologie politique au lieu de lui donner l'occasion de montrer une nouvelle fois sa capacité à sentir la volonté d'une partie de plus en plus grande de l'électorat d'une approche participative de la démocratie.
Dommage.
Alain Uguen
Conseiller Municipal écologiste de Kemper de 83 à 92 puis de 95 à 2001
conseiller régional Verts de 92 à 98
Ajouté le 10 avril 2009 à 10h07
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alai...
Les "gogos" ont de la mémoire
Il est quand même étonnant d'entendre dire par Bové que ceux qui ne voteront pas pour lui seraient des gogos . Lui qui fait équipe avec l'écolo-libéral " C .bendit croit-il que les Français soient assez " gogos " pour avoir oublié que son ambition personnelle a été pour beaucoup dans l'échec d'une candidature unique antilibérale lors de l'élection présidentielle ? aujourd'hui il choisit un nouvel attelage . On voit que l'égo et l'ambition personnelle n'ont parfois pas de limites .
Ajouté le 10 avril 2009 à 09h36