17 octobre 2009
Le CEA assure avoir signalé, sans délai, un surplus non contrôlé de plutonium sur le site de Cadarache.
Les différentes autorités du nucléaire français se renvoient la balle sur leur responsabilité présumée dans le retard mis pour signaler un surplus non contrôlé de plutonium sur le site de Cadarache (Bouches-du-Rhône). «C'est un mauvais procès que de dire qu'il y a eu trois mois de retard dans la déclaration», a affirmé, hier sur place, l'administrateur général du Commissariat à l'énergie atomique (CEA), Bernard Bigot. «Cette matière n'a jamais été perdue, jamais été ignorée», s'est-il défendu. L'affaire a gâché les 50 ans de Cadarache, l'un des principaux sites nucléaires français où sont expérimentés les réacteurs des générations futures. Deux ministres attendus, ainsi que le préfet, ont préféré ne pas se déplacer. Le CEA assure avoir signalé sans délai - en juin - à l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN) de Marseille la sous-estimation de la quantité de résidus de plutonium dans un atelier en démantèlement. L'ASN a classé, mercredi, l'incident au niveau 2 de l'échelle internationale Ines, un niveau de gravité rarement atteint.
Enquête ouverte
De son côté, le parquet d'Aix-en-Provence a ouvert une enquête préliminaire, saisi du procès-verbal que lui a fait parvenir l'Autorité de sûreté nucléaire à la suite de l'incident. Le réseau «Sortir du nucléaire» a par ailleurs annoncé avoir déposé plainte contre X, hier, auprès du parquet de Marseille, «pour exploitation en non-conformité à la réglementation d'une installation nucléaire de base et mise en danger délibérée de la vie d'autrui».
