2 novembre 2009 - 4 réactions
Le débat sur l'identité nationale s'ouvre aujourd'hui dans les préfectures et sous-préfectures. Soutenue par une majorité de Français, l'initiative a déjà mis le feu aux poudres dans la classe politique.
Alors que le débat sur l'«identité nationale» semblait être entré en sommeil depuis la création d'un ministère dédié, en mai 2007, Eric Besson, ministre en titre, a remis ce thème sous les feux de l'actualité en annonçant, il y a une semaine, l'organisation d'un «vaste débat». «Le peuple français s'est déjà saisi du débat sur l'identité nationale et il a envie qu'il ait lieu», a souligné, hier, Éric Besson, en faisant référence au sondage du Parisien, selon lequel six Français sur dix approuvent l'organisation d'un tel débat.
Dès aujourd'hui, les 100 préfectures et les 350 sous-préfectures seront chargées d'organiser le débat avec «les forces vives de la Nation». Les discussions seront alimentées par le rapport du Haut Conseil à l'Intégration, qui a, d'ores et déjà, prôné un travail sur la «transmission des valeurs» en proposant notamment le renforcement de l'éducation civique. Les participants au débat devront répondre à deux questions. La première : «Qu'est-ce qu'être français aujourd'hui ?». La deuxième : «Quel est l'apport de l'immigration à l'identité nationale ?». Un site internet a été lancé, sur lequel les internautes pourront poster leurs contributions, et découvrir, entre autres, les premières propositions d'Eric Besson. Le débat s'achèvera avant le 28 février, selon Éric Besson.
«Surenchère» électorale
«La ficelle est un peu grosse», a rétorqué, dès l'annonce du débat, Jean-Christophe Cambadélis, secrétaire national du PS, qui a fait remarquer que les élections régionales avaient lieu dans quelques mois. Selon un sondage BVA pour Canal+ publié jeudi, le débat est aussi une opération électorale pour 64% des Français. Tout au long de la semaine, les membres de l'opposition ont dénoncé une opération de «diversion» et de «surenchère» vis-à-vis du Front National. Marine Le Pen s'est empressée de réclamer une entrevue avec le président Sarkozy et un «Grenelle de l'identité nationale». Quelques dissonances toutefois dans le camp socialiste: si Ségolène Royal a, elle aussi, dénoncé «l'opération de diversion», elle a cependant «considéré que ce débat est un vrai débat». Les Verts, de leur côté, ont parlé de «débat hypocrite»
Dissonances à droite
La contestation a touché aussi la droite et même les rangs des sarkozystes. Ainsi, l'ancien Premier ministre Alain Juppé s'est interrogé sur la pertinence de relancer un débat sur l'identité nationale, tranché, selon lui, par l'historien Ernest Renan en 1882 - une référence également citée par l'ancien ministre socialiste Jean-Pierre Chevènement. Le «débat est très risqué», a jugé Christine Boutin, ancienne ministre du gouvernement Sarkozy et présidente du Parti chrétien démocrate. Le Haut Commissaire Martin Hirsch, figure de l'ouverture chère à Nicolas Sarkozy, a estimé, lui, que «la France n'a pas de problème d'identité», ajoutant que «c'est un débat 100% politique». Enfin, pour l'eurodéputée UMP Rachida Dati, le débat sur l'identité nationale n'a «jamais cessé».
A voir : Eric Besson inaugure le site internet du débat et justifie son existence.
«La France n'a pas de problème d'identité.»
