23 juillet 2012 - 2 réactions
À la poubelle les traditionnelles plaques bleues étoilées des hôtels, campings et autres résidences de tourisme. Elles devront avoir été décrochées au plus tard demain et remplacées, si les démarches nécessaires ont été faites, par un panonceau new-look. Une nouvelle signalétique qui correspond à de nouvelles normes, plus exigeantes avec, pour tous les établissements, la même gamme de classement, d'une à cinq étoiles. De quoi, normalement, apporter aux clients des garanties supplémentaires sur la qualité de l'hébergement et des prestations, les anciennes normes datant d'une trentaine d'années. Sauf que du côté des établissements concernés, l'engouement pour ce nouveau classement ne semble pas très grand. Une majorité d'entre eux n'a, pour l'instant, effectué aucune démarche. Visiblement, les hôteliers traînent les pieds. Dans les Côtes-d'Armor, sur 160hôtels, seulement 54avaient obtenu à la fin de la semaine dernière leur nouveau classement. Dans le Morbihan, ils étaient, à cette date, 75 sur 300 et dans le Finistère, 87 sur 220.

Mise en garde
Un manque d'enthousiasme que regrette -même s'il peut le comprendre- le président l'Umih 56 (syndicat hôtelier), Jean-FrançoisSérazin. «Les gens ne se rendent pas compte qu'à la fin du mois, ils ne pourront plus communiquer sur le classement précédent. Ils risquent, sinon, d'être taxés de publicité mensongère». Même mise en garde de la part de Michel Hellio, le président de l'Umih 22 qui se dit inquiet pour les indépendants: «Ils prennent un risque parce que, désormais, beaucoup de chambres sont louées via internet et que le classement, c'est d'abord ce que regarde l'internaute». Mais pourquoi cette tiédeur pour ce nouveau classement qui, contrairement au précédent, n'est pas accordé à vie mais pour seulement cinq ans? «Le frein, c'est le coût de l'audit», assure Jean-François Sérazin. Un coût qui se situe autour de 600€. La procédure à suivre avec prédiagnostic, via le site Atout France, a pu également rebuter nombre d'établissements.
Pas une obligation
Sans doute aussi, certains établissements, parmi les plus petits et/ou les plus fragiles, rechignent-ils aussi à effectuer les investissements nécessaires pour répondre aux nouveaux critères. «Certains ont choisi de n'avoir aucun classement, ce n'est pas une obligation», rappelle-t-on à l'Umih. «Pour les établissements qui n'ont réalisé aucuns travaux depuis vingt ans, ça peut atteindre 40.000 à 50.000€», souligne Michel Hellio. Pour les autres, ceux qui ont régulièrement investi, l'agrément doit normalement pouvoir être obtenu sans grande difficulté. «La majorité des deux étoiles devraient conserver leurs deux étoiles», assure-t-on à l'Umih56. Certes, la liste des critères à respecter a été très sérieusement allongée, 246 contre 30 dans le précédent classement. Pour autant, comme le remarque, Jean-François Sérazin, beaucoup de ces critères ne sont pas insurmontables. Ils correspondent à de bonnes pratiques concernant, en particulier, la protection de l'environnement (gestion des déchets, économie d'énergie...), la propreté...
Craintes
Combien d'hôtels bretons saisiront ce changement de normes pour passer dans la catégorie supérieure? Difficile à dire mais à l'Umih 29, on estime qu'à terme, il devrait y avoir une majorité de trois étoiles. Un certain nombre d'établissements, toutefois, même s'ils peuvent assez facilement prétendre à un classement supérieur, ont choisi de rester dans leur actuelle catégorie. C'est le cas de l'hôtel Les Sternes, à Perros-Guirec (22): «On a le potentiel, il nous manquait 18points, il suffisait de mettre des cintres à pinces. Mais ça ne nous intéresse pas pour l'instant. Trois étoiles, ça ne correspond pas à notre clientèle». La crainte de ces hôteliers est de perturber une clientèle qui pourrait penser qu'un changement de catégorie entraîne mécaniquement une augmentation des prix.

21 mai 2013 à 09h30

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