19 novembre 2010 - 5 réactions
Dans un entretien accordé au Monde, le président du conseil général des Hauts-de-Seine, Patrick Devedjian, accuse l'Elysée et Jean Sarkozy, 24 ans, d'avoir multiplié les pressions sur les élus du département pour qu'il ne soit pas réélu lundi soir à la tête de la fédération UMP locale. Lors ces élections, Jean-Jacques Guillet a été élu contre Patrick Devedjian avec 319 voix contre 180.
"Lionnel Rainfray, élu UMP de Colombes et délégué de la première circonscription, m'a rapporté qu'il avait fait directement l'objet de pressions de la part de Jean Sarkozy. Celui-ci l'aurait menacé de "briser sa carrière politique" s'il votait pour moi", déclare Patrick Devedjian.
Un mauvais choix de voter Devedjian
Interrogé sur cette "menace" rapportée par Patrick Devedjian, Lionnel Rainfray a précisé qu'"il (Jean Sarkozy), ne me l'a pas dit dans des termes aussi brusques" mais qu'"il m'a fait comprendre que c'était bien de voter pour son candidat", Jean-Jacques Guillet, député-maire de Chaville et "pasquaïen" historique. "Il (Jean Sarkozy) m'a fait largement comprendre que c'était un mauvais choix pour moi (de voter Devedjian, ndr)... c'est des choses qui se comprennent", a ajouté Lionnel Rainfray, qui est élu à Colombes et P-DG du groupe de lingerie Arthur.
"Je n'ai pas l'habitude que l'on me dicte ma conduite"
"Le ton était assez fort. C'est pour ça d'ailleurs que j'ai été en parler à Patrick (Devedjian) en lui disant que je ne pensais pas qu'être un de ses soutiens m'amènerait à en prendre autant plein la figure de la part de Jean (Sarkozy)", a-t-il raconté. "Je n'ai pas l'habitude de me laisser dicter ma conduite et j'ai maintenu mon vote pour Patrick Devedejian", a-t-il ajouté, précisant par ailleurs qu'il n'était que "délégué de circonscription", autrement dit "pas grand-chose".
Patrick Devedjian doit dépasser "ses aigreurs"
De leur côté, deux élus UMP des Hauts-de-Seine, Thierry Solère et Philippe Pemezec, accusés eux par Patrick Devedjian d'avoir empêché sa réélection à la tête de la fédération UMP locale, ont appelé le président du conseil général à "garder son calme" et à "dépasser ses aigreurs".