5 novembre 2009 à 16h21
Mettre en ligne le quotidien de son enfant lourdement handicapé. C'est le choix des parents de cette femme handicapée moteur, âgée de 32 ans. Au risque de choquer, ils espèrent sensibiliser.
Anne, 32 ans, lourdement handicapée ne parle pas, ne marche pas et n'arrive pas à s'alimenter seule. >Ele est comme un bébé d'un mois" déclare sa mère au Parisien.
La jeune femme passe son temps couchée, dans sa chambre, dans la maison familiale de Tallard, dans les Hautes-Alpes, près de Gap.
Un site internet traduit en 22 langues
A la fin de l'été, ses parents, Chantal Didier Lamic créaient Doudouworld, , un site internet consacré à leur fille et traduit en 22 langues. Dans quelques jours, il recevront un appareil doté d'une webcam qu'ils fixeront au lit de leur fille pour suivre son quotidien.
"Pour lui redonner un statut de personne à part entière"
Didier lamic, ancien directeur adjoint d’un centre médical de moyen séjour est également papa de trois autres enfants. Le sexagénaire dit "vouloir sortir des sites traditionnels consacrés aux handicapés. Nous allons donc installer cette caméra pour que tout le monde puisse voir Anne. Il s’agit de lui redonner un statut de personne à part entière. Ce n’est pas de l’exhibitionnisme".
"Un moyen de réflexion"
Et d'insister : "Anne a le droit d’être vue, même si cela peut gêner. Nous voulons lui rendre sa dignité, banaliser le handicap. C’est un moyen de réflexion qui permettra, je l’espère, d’ouvrir un débat sur ces enfants de l’ombre et du silence, que l’on ne voit jamais, qui souvent restent cachés parce qu’ils n’ont pas les moyens de faire autrement. » Le couple Lamic souhaite ainsi « modifier le regard des gens sur les handicapés » même si leur initiative crée la polémique.
"Ce n'est pas un Loft story du handicap"
Le couple Lamic ajoute qu'il ne s'agit surtout pas d'un "Loft story du handicap". Il souhaite avant tout faire découvrir le monde d’Anne. Un monde très réduit puisqu’elle ne bouge pas beaucoup. C’est difficile pour elle de sortir de la maison. Puisqu’elle ne peut pas aller vers les autres, ce sont les autres qui viendront maintenant vers elle à travers cette webcam. Je demande seulement qu’ils la respectent », confie Chantal, la maman, mère au foyer, qui n’a jamais voulu que sa fille quitte la maison pour un établissement spécialisé.
"S'il y a des dérives, nous enlèverons la webcam"
« On veut aussi déculpabiliser les autres parents d’enfants de handicapés, montrer qu’ils ne sont pas seuls », continue son mari. Et de préciser, qu'évidemment, il n'est pas question de la montrer pendant ses soins ou sa toilette.
Tous deux estiment qu’ils ne vont pas porter atteinte à la dignité de leur enfant.
