19 septembre 2009 - 2 réactions
«Faites-vous vacciner, faites-le sans tarder», a martelé la ministre de la Santé, qui a lancé hier la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière. Les vaccins seront en pharmacie le 25 septembre.
Se faire vacciner, et le plus vite possible: les responsables de la santé ont particulièrement insisté, en lançant hier la campagne de vaccination, sur la nécessité de se faire inoculer le vaccin contre la grippe saisonnière, et à très bref délai. Les vaccins seront disponibles en pharmacie le 25septembre, et jusqu'au 31décembre. La vaccination contre la grippe saisonnière est recommandée, et gratuite, pour les personnes âgées de plus de 65 ans et pour celles prédisposées à des formes graves par une affection de longue durée. Soit, au total, neuf millions de personnes qui recevront un bon de la caisse d'Assurance-maladie leur permettant de se procurer le vaccin gratuitement.
Le vaccin saisonnier ne protège pas contre le H1N1
La grippe saisonnière, comme l'a rappelé hier la ministre de la Santé Roselyne Bachelot, touche chaque année plusieurs millions de personnes en Franceet cause 2.500 à 6.000 décès par an, «dont plus de 90% chez les personnes de plus de 65 ans». «Chacun a intérêt à se faire vacciner, même en l'absence de facteur de risque», a martelé la ministre. Chez les 65-69 ans, le taux de vaccination n'est que de 54%. Ce vaccin-là n'a rien à voir avec celui, attendu, contre la nouvelle grippe H1N1. La vaccination contre la grippe saisonnière «n'apportera pas de protection» contre le H1N1, et inversement, a souligné Roselyne Bachelot. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle la fabrication d'un vaccin spécifique a été lancée.
Trois semaines entre les deux vaccinations
Deux vaccins anti-grippaux vont donc cohabiter cette année, le vaccin pandémique et le vaccin saisonnier. Une plage nécessaire de trois semaines sera nécessaire entre les deux vaccinations. Les premiers vaccins H1N1 pourraient être accessibles en octobre. Le calendrier vaccinal semble donc serré pour ceux qui voudront se faire inoculer les deux vaccins. Comme le nouveau virus H1N1 paraît dominer dans le monde, on pourrait être tenté d'oublier la vaccination contre le virus saisonnier. Mais ce serait, pour Didier Houssin, directeur général de la Santé, «faire une impasse risquée». «Même s'il est plus probable que le H1N1 soit dominant, il n'est pas exclusif», a-t-il souligné, citant le cas de l'Afrique du Sud, où existe une co-circulation des virus. Les autorités sanitaires ont réitéré que la vaccination contre le H1N1 ne serait pas obligatoire.
Le virus de la grippe H1N1 se propage plus rapidement en France que dans le reste de l'Europe, a annoncé hier l'Organisation mondiale de la santé (OMS). «La France est le pays d'Europe où il y a le plus de cas actuellement», a expliqué un porte-parole de l'OMS, Gregory Hartl. Mardi dernier, l'Institut de veille sanitaire français a fait état de 164 cas de grippe pour 100.000 habitants, soit le double du seuil épidémique de 84 cas pour 100.000 habitants. Les tests pour identifier les virus en cause ne sont pas réalisés mais la précocité et l'ampleur de l'épidémie laissent à penser aux spécialistes de l'OMS qu'elle est largement due au nouveau virus H1N1. La ministre française de la Santé, Roselyne Bachelot, a estimé, mercredi, qu'on pouvait considérer que l'épidémie de grippe H1N1 avait commencé en France métropolitaine. Selon la directrice de l'OMS, Margaret Chan, les fournitures actuelles de vaccin pandémique ne couvrent pas les besoins de la population mondiale. La production annuelle de vaccins contre la grippe H1N1 sera inférieure à celle qui était prévue et sera même «largement en dessous de 4,9milliards» de doses, a précisé l'Organisation mondiale de la santé. Depuis l'apparition du nouveau virus en mars-avril dernier, la grippe H1N1 a tué au moins 3.486 personnes. Représentant près de 60% des nouveaux cas de grippe signalés dans le monde, le virus H1N1 «continue d'être le virus grippal dominant en circulation, aussi bien dans l'hémisphère Nord que dans l'hémisphère Sud», selon l'OMS.
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