10 décembre 2011
Un laboratoire néerlandais dirigé par le Pr Ron Fouchier, au centre médical Erasmus de Rotterdam, a annoncé en septembre avoir créé un virus mutant de la grippe aviaire H5N1 capable pour la première fois de se transmettre entre mammifères et potentiellement «dangereux» pour l'homme. «Une grande vigilance s'impose. C'est une question dont nous avons beaucoup parlé ce matin», a indiqué hier Xavier Bertrand, le ministre français de la Santé à l'issue d'une réunion de l'Initiative mondiale sur la sécurité sanitaire (GHSI), groupe d'échanges d'informations sur les menaces sanitaires réunissant les pays du G7, le Mexique, la Commission européenne et l'OMS (Organisation mondiale de la Santé). Le commissaire chargé de la Santé John Dalli a expliqué lors de la conférence de presse qui a suivi la réunion du GHSI que la Commission européenne avait reçu l'assurance de la part des autorités néerlandaises que «le virus était stocké de manière très sûre» et «que les autorisations nécessaires avaient été données» pour effectuer ces recherches. Un autre point est de «s'assurer que les informations venant de ces recherches sont bien contrôlées et sans détail sensible», a ajouté le commissaire européen.
Une mutation qui peut se faire naturellement
Concernant les recherches aux Pays-Bas, le Pr Fouchier a annoncé «qu'en laboratoire, il a été possible de changer le H5N1 en virus(...) qui peut facilement se répandre dans l'air» et «ce processus peut aussi intervenir de manière naturelle». «Nous avons découvert» que la transmission du virus entre les hommes «est effectivement possible et peut se faire plus facilement que ce que nous pensions», a expliqué le chercheur. Le virus de la grippe aviaire H5N1 est mortel à 60% chez l'homme, mais a fait moins de 350 morts jusqu'à présent grâce notamment au fait qu'il ne pouvait se transmettre entre humains.