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Grève dans l'aérien. Les pilotes annoncent "de très sérieuses perturbations" dès demain

5 février 2012

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De lundi à jeudi prochains, une grève du transport aérien est annoncée par la grande majorité des syndicats du secteur. L'objectif : obtenir  le retrait de la proposition de loi Diard visant à encadrer davantage l'exercice du droit de grève dans ce secteur. On s'attend à un lundi très chahuté. Ce dimanche, Aéroports de Paris a communiqué aux usagers les solutions pour connaître au mieux l'état du trafic, tandis que trois syndicats de pilotes mettaient en garde "contre les risques de très sérieuses perturbations".

La direction d'Air France a annoncé ce vendredi soir qu'elle prévoyait pour lundi "plus de 80% de ses vols courts et moyens-courriers et "plus de 85%" de ses longs-courriers alors que les syndicats de l'aérien ont lancé un appel à la grève à partir du 6 février. Tout en fournissant ses prévisions de trafic, Air France prévient que comme les personnels ne sont pas "obligés de prévenir au préalable de leur intention, des retards et annulations de vol de dernière minute restent possibles".

La compagnie indique ainsi que, du 6 au 9 février, "des facilités d'anticipation ainsi que de reports de billets" sont proposés aux voyageurs. Les modalités pratiques sont disponibles sur le site www.airfrance.fr.

EasyJet explique avoir anticipé
De son côté, la compagnie easyJet a annoncé vendredi "ne pas prévoir de perturbations majeures sur ses vols au départ ou à destination des aéroports français" lundi. Dans un communiqué, easyJet dit "avoir anticipé en mettant pro-activement en place des mesures d'urgence, en ayant par exemple du personnel supplémentaire en stand-by et des chambres d'hôtels sécurisées à travers le pays si nécessaire". La compagnie "recommande vivement à l'ensemble de ses passagers de vérifier le statut de leur vol sur le site www.easyjet.com avant de se rendre à l'aéroport" et communiquera aussi avec eux par SMS.

Le principal syndicat de pilotes, le SNPL, les syndicats Unac, SNPNC et Unsa d'hôtesses, ainsi que les fédérations FO, CFDT, Unsa et CGT de l'aérien ont appelé les personnels des compagnies et de leurs prestataires (agents en escale, avitailleurs, bagagistes, etc.) à se mobiliser.

Un "risque de très sérieuses perturbations", selon les syndicats de pilotes
Ce dimanche, trois syndicats de pilotes d'Air France mettent en garde les passagers de cette compagnie "contre le risque de très sérieuses perturbations" de lundi à jeudi dues à la grève prévue dans le transport aérien, alors que la direction a affirmé pouvoir assurer de 80 à 85% des vols. "En annonçant pouvoir assurer la quasi-totalité du programme (de vols, ndlr), la direction d'Air France néglige volontairement le fait que l'intégralité des syndicats de pilotes, d'hôtesses et stewards ainsi que la majorité des organisations professionnelles du personnel au sol appellent également à participer au mouvement", estiment dans un communiqué les trois syndicats, Alter, Spaf et UNPL.

Les conseils d'Aéroports de Paris et appli smartphone
Un peu plus tôt dans la journée, la société Aéroports de Paris avait pour sa part indiqué que ses équipes "seront mobilisées" pour informer les voyageurs. 

ADP conseille néanmoins aux passagers devant se déplacer durant cette période de consulter leur compagnie aérienne, ou de s'informer par téléphone ou sur internet.

Les passagers peuvent téléphoner au 39 50 ou depuis l'étranger au +33 1 70 36 39 50. Ils peuvent aussi se rendre sur le site internet www.aeroportsdeparis.fr.

Les utilisateurs de smartphones peuvent télécharger gratuitement l'application "Myairport".

Ce que le texte prévoit
La proposition de loi du député UMP Eric Diard a été adoptée en première lecture le 24 janvier à l'Assemblée et saluée par le ministre des Transports Thierry Mariani comme un progrès pour "le droit des passagers". Le texte prévoit notamment d'imposer aux grévistes l'obligation de se déclarer individuellement 48 heures à l'avance, une mesure jugée "inacceptable" par les syndicats qui y voient une atteinte au droit de grève. Il prévoit aussi un devoir d'information pour les compagnies avec des prévisions de trafic 24 heures à l'avance. Ce texte est inspiré du "service minimum" qui existe déjà, depuis 2007, notamment à la SNCF et la RATP.

  • A.L.
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