10 février 2012
Tout est parti d'une question postée sur Facebook par Cédric Lebert, artiste-peintre de 41 ans, qui a passé 15 années de sa vie entre la rue et les squats, à Paris et à Lyon: "pourquoi n'y a-t-il pas de particuliers dans le fichier du 115 ?".
"Outil à la disposition de la misère"
Très vite, Brann du Senon, ancien sans-abri de 51 ans, handicapé, qui vit "en autonomie" dans une caravane près de Nemours (Seine-et-Marne), a échangé sur la toile avec Cédric, Solange et d'autres. A dix personnes, ils ont créé le 3 février sur Facebook une page intitulée le "115 du particulier". Ce réseau d'entraide, qui se présente comme "un vrai outil à la disposition de la misère", offre "un coup de main aux associations et aux travailleurs sociaux".
"On propose des places d'hébergement chez des particuliers en mettant en contact des sans-abri et des gens qui proposent leur aide, surtout quand il fait -10 degrés", explique Brann.
"Réorganiser la solidarité"
"On ne veut surtout pas se substituer aux travailleurs sociaux, la mission principale est de trouver un toit à ceux qui n'en n'ont pas, les bonnes volontés proposent ce qu'elles peuvent et le temps qu'elles le peuvent, ça peut être un canapé, de la nourriture, une douche ou encore une soupe", précise Brann, qui assure ainsi "réorganiser la solidarité".
Les coordonnées des personnes proposant leurs offres n'apparaissent pas, il faut donc passer par un "administrateur" qui met lui-même les personnes en contact.
Dans son rapport annuel, la Fondation Abbé Pierre recense 685.116 personnes "privées de domicile personnel".
Mise en garde
Stefania Parigi, directrice générale du Samu social de Paris met toutefois en garde : "il peut y avoir de la bonne volonté dans cette initiative mais derrière, il peut aussi y avoir une réalité qui dépasse les gens qui accueille les sans-abri". "Quand on s'engage auprès de quelqu'un pour l'aider, on doit aller jusqu'au bout. Au Samu social, on a une charte de non-abandon", souligne-t-elle.