30 août 2012 - 1 réactions
La nouvelle expertise, censée expliquer l'explosion de l'usine AZF, a été conduite par Laurent Jacob, un polytechnicien, ingénieur retraité de l'armement. Dans son rapport, dont le quotidien Sud-Ouest a fait état hier, il décrit une catastrophe en cinq étapes. Des poussières polluantes, provenant d'une tour d'AZF, auraient d'abord provoqué des courts-circuits sur une ligne à haute tension longeant AZF et la SNPE (la Société nationale des poudres et explosifs), qui produit, notamment, l'ergol, le carburant hautement inflammable de la fusée Ariane. Un arc électrique aurait alors fait exploser des vapeurs provenant d'une «fuite de 10 tonnes d'ergol» à la SNPE. Le mini-séisme, qui a suivi, aurait alors réveillé sous le hangar 221 d'AZF une bombe oubliée depuis la guerre. Cette nouvelle version des faits, proposée un mois avant la décision du procès d'appel, a été accueillie avec scepticisme ou même dérision.
«Farfelu»
Le scénario avancé «est farfelu, une juxtaposition sans cohérenced'hypothèses soutenues au procès, lors de l'examen des pistes écartées», estime une source proche du dossier d'instruction. Roger Meyniel, ex-directeur de la SNPE, avait assuré, au cours du procès, qu'il n'y avait pas eu de sinistre préalable dans son usine, et les experts judiciaires n'en avaient trouvé aucun signe. Ils n'avaient pas non plus trouvé de trace d'une bombe de la Seconde Guerre mondiale au fond du cratère d'AZF. Me Daniel Soulez Larivière, avocat du propriétaire de l'usine (Grande Paroisse, groupe Total), ne compte pas se servir de cette nouvelle expertise. Il parle, avec prudence, d'une «spéculation compliquée mais intelligente».
26 mai 2013