14 août 2012
Un an après sa mise en examen pour quatre cas présumés d'euthanasie active, l'urgentiste bayonnais Nicolas Bonnemaison sort de sa réserve. «L'éclatement de l'affaire a été extrêmement brutal pour moi. Comme un coup de tonnerre dans un ciel serein, ainsi que l'on décrit en médecine les pathologies aiguës à début fulgurant», a-t-il confié au quotidien Sud-Ouest. Le 10août 2011, Nicolas Bonnemaison, médecin au Centre hospitalier de la Côte basque à Bayonne, était convoqué dans le bureau du directeur et emmené par des policiers à la suite d'un signalement effectué par trois membres du personnel sur ses agissements supposés. Le 12août, ce fils de médecin était mis en examen, pour «empoisonnement» de quatre malades «particulièrement vulnérables», en fin de vie, dont le décès aurait pu être précipité par l'administration de certaines substances. En janvier2012, les juges lui ont notifié des poursuites pour trois autres cas et il reste sous le statut de «témoin assisté», pour un huitième. De source judiciaire, on indique que l'instruction pourrait être terminée fin 2012, ce qui rendrait possible son renvoi devant une cour d'assises en 2013. Une seule famille s'est constituée «partie civile» en octobre2011, mais, selon son avocate, son but est seulement d'avoir connaissance de l'enquête.
«Un vide»
Interdit de pratique de la médecine, l'urgentiste réside aujourd'hui dans les Pyrénées-Atlantiques, sous contrôle judiciaire. Fort du soutien de quelque 47.000 internautes qui ont signé une pétition en sa faveur, il pense avoir «agi en son âme et conscience» et a toujours déclaré «ne pas être un militant de l'euthanasie». Nicolas Bonnemaison avoue le vide laissé par l'arrêt de son activité : «J'ai exercé la médecine vingt-deux ans à l'hôpital de Bayonne, j'y reste viscéralement attaché. C'était un peu ma deuxième maison.»
19 mai 2013