28 janvier 2012 - 4 réactions
Ce projet collectif a été initié, en 2003, par trois habitants de Sainte-Marie-de-Redon qui désiraient investir dans une éolienne commune pour leur propre consommation. Mais cette opération, à une échelle aussi petite, était peu rentable en matière de production d'énergie. «C'est pourquoi ils ont décidé de passer à la vitesse supérieure», explique Laurianne Fleury, chargée de mission auprès d'Éolienne en Pays de Vilaine (EPV), l'association qui pilote les deux projets de Béganne (56) et de Sévérac-Guenrouët (44), à quelques kilomètres de là. C'est le projet de Béganne qui est le plus avancé. Des opérateurs privés, qui auraient pu se voir confier la construction et la gestion du site, ont été approchés. Mais leurs intérêts ne correspondaient pas au mode de gestion locale voulu par les initiateurs du parc qui, assez vite, et pour en garder la maîtrise totale, ont créé EPV. Les premiers fonds (300.000 EUR), qui ont permis de lancer les études de développement, ont été collectés par une SARL, «Site à Watts», constituée de 24 adhérents, dont le conseil régional des Pays de la Loire. En parallèle est né Énergie Partagée, un fonds citoyen d'investissement qui a collecté, à ce jour, 3MEUR sur les 11MEUR que coûtera le projet. Les 8MEUR restant étant financés par des emprunts bancaires.
«Rentable mais pas spéculatif»
Des demandes de permis de construire ont été déposées pour les deux parcs. En juillet2009, celui concernant Béganne était délivré par le préfet du Morbihan. Sur ce site, seront montées quatre grandes éoliennes d'une centaine de mètres de haut. Et d'une capacité de production équivalente à la consommation, hors chauffage, de 21.000 habitants. Quant à celui de Séverac-Guenrouët - d'une dimension équivalente -, il vient tout juste de recevoir le feu vert de la préfecture de Loire-Atlantique. Bien évidemment, ceux et celles qui se lancent dans cette aventure ne le font pas à fonds perdus. «C'est un projet rentable, mais pas spéculatif, poursuit Laurianne Fleury. Nous nous sommes inspirés de ce qui existait en Belgique et au Danemark. L'électricité produite sera revendue à EDF et injectée dans le réseau. Les investisseurs locaux seront rétribués en fonction des bénéfices. Mais une partie de cet argent sera réinvestie pour que naissent d'autres parcs participatifs de ce type». Comme à Ancenis (44) ou à La Roche aux Fées, à l'est de Rennes, où devraient pousser, dans quelques mois, de nouvelles éoliennes communautaires. «Nous recevons pas mal de demandes de renseignements d'autres collectivités, se félicite Albert Laquittant, le maire de Béganne. Chez nous, tout s'est fait en douceur. Pas une seule voix ne s'est opposée à ce projet. Le conseil municipal a même décidé de rejoindre le collectif par le biais d'une société d'économie mixte.» Une somme équivalente au produit de quatre années de la taxe foncière que rapportera le site sera investie. http://www.eolien-citoyen.fr/accueil-begawatts.html