8 octobre 2009 - 4 réactions
Faire payer aux voitures l'accès au centre-ville: le péage urbain, longtemps éludé, pourrait être testé en France. Reste à savoir quelle ville tentera l'expérience.
Stockholm, Londres, Milan...: de nombreuses grandes villes européennes ont déjà franchi le pas du péage urbain. Mais en France, l'idée a du mal à faire son chemin. Elle s'est finalement imposée au Sénat, lors de l'examen du Grenelle 2. Un amendement présenté par Louis Nègre (UMP), sénateur des Alpes-Maritimes, a été adopté la semaine dernière. Pour entrer en vigueur, il doit encore être repris par l'Assemblée nationale, mais le gouvernement s'y est déjà montré favorable. Concrètement, une dizaine d'agglomérations de plus de 300.000habitants pourront s'essayer au péage urbain pendant trois ans, à condition de proposer des transports en commun dignes de ce nom. Le produit du péage acquitté par les automobilistes ira d'ailleurs à l'amélioration des transports publics.
Baisse de la circulation de 20%
L'exemple que tout le monde cite, c'est Stockholm. Le péage urbain y a été testé et approuvé par les électeurs en 2006, puis pérennisé l'année suivante. L'automobiliste doit payer entre un et deux euros pour pénétrer dans le centre de la capitale suédoise, ou en sortir, entre 6h30 et 18h29 en semaine, avec un plafond de cinq euros par jour en cas d'allers et retours. Résultat: la circulation a diminué de 18% par rapport à 2005, un chiffre qui s'est stabilisé. Et l'air est plus pur. La moitié des «automobilistes disparus» utilisent maintenant les transports en commun, l'autre moitié se débrouillant autrement (voyages groupés, télétravail...). A Londres, autre ville qui a fait le choix du péage urbain, la facture est plus salée. Pénétrer dans le centre y coûte une somme forfaitaire de 8,70euros par jour, de 7h à 18h en semaine, les résidents bénéficiant d'une remise de 90%. Là aussi, la circulation a baissé d'environ 20%. Mais le modèle londonien a trouvé ses limites, l'extension à l'ouest de la zone payante en 2007 ayant été remise en question par un changement de municipalité quelques mois plus tard. Ailleurs en Europe, Göteborg et Helsinki veulent suivre. Le Danemark et les Pays-Bas envisagent de faire payer les automobilistes sur l'ensemble de leur territoire. Et la Norvège fait passer à la caisse depuis très longtemps à l'entrée de nombreuses villes pour financer des projets d'infrastructures. Reste à voir qui, en France, aura le courage politique de se lancer dans l'aventure. Les élus locaux sont très prudents. D'autant que le péage urbain ne devrait pas rapporter des fortunes, compte tenu de l'importance des frais de fonctionnement.
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