26 mai 2009
Les deux photos d'Alexis sont écornées, jaunies, tant Xavier Specque a dû les sortir de sa poche pour les regarder, les montrer. Quatre ans qu'il n'a pas revu son fils -aujourd'hui âgé de 12 ans-, que sa mère a emmené au Maroc pour suivre son nouveau compagnon. «Après trois ans à Marrakech, il semble qu'elle soit rentrée en France l'année dernière, mais je ne sais pas si elle est toujours ici ou si elle a emmené Alexis en ex-Yougoslavie, d'où elle est originaire.»
Des parents inquiets
Mathilde Anthouard, elle, a confectionné une écharpe faite avec des photos de sa fille Pénélope, enlevée il y a 19 mois par son père grec, et certainement installée là-bas. Elle avait deux ans et deux mois quand le papa ne s'est pas présenté au rendez-vous habituel, à la gare de Lyon-Perrache. Souffrant d'un handicap affectant sa motricité, la petite fille a besoin de soins et d'appareils orthopédiques. Une inquiétude qui s'ajoute à la souffrance de Mathilde, qui souhaite avant tout prouver à son ex-mari et à sa belle-famille qu'elle veut juste retrouver sa fille et mener avec elle une vie normale. «Je veux qu'il sache que je maintiendrais le lien entre Pénélope et lui, que mon but n'est pas l'oeil pour oeil, dent pour dent», raconte la jeune femme, très digne dans son combat. Psychomotricienne de profession, elle a cessé son activité pour se consacrer totalement à la recherche de sa fille et fait des allers-retours incessants avec la Grèce, «huit depuis un an» souligne la jeune femme, venue accompagnéedesonavocat.
Des enlèvements de plus en plus violents
Xavier et Mathilde sont tous les deux dans l'association SOS Enfants Disparus, créée il ya cinq ans. Elle lance aujourd'hui le 116000, un numéro européen destiné aux parents victimes. «Depuis ce matin, on a reçu 400 appels» constate Géraldine Bouhedja, coordonnatrice de la plateforme d'écoute à l'Inavem (Institut national d'aide aux victimes et de médiation). «Si les enlèvements criminels sont rares, les appels se partagent entre les fuguesetlesenlèvements parentaux», précise la jeune femme. En un an, ces derniers ont augmentés de 50% et sont de plus en plus violents. «Les situations se radicalisent et les parents n'hésitent plus à utiliser les moyens les plus extrêmes», souligne Mahrez Abassi, conseiller des Affaires Etrangères, faisant référence au kidnapping de la petite Elise, le 20mars à Arles, par sa mère et deux hommes encagoulés. Plus largement, ce sont 48.277 inscriptions de mineurs au fichier des personnes recherchées en 2008, et une hausse constante depuis 10 ans. Mais si la grande majorité des dossiers est clôturée rapidement, Marion, Estelle, Maddie et plus récemment Antoine, à Issoire, n'ont jamais retrouvé leur famille. Un regain d'espoir, avec ce nouveau numéro? En savoir plus www.sosenfantsdisparus.fr

24 mai 2012 à 08h36 - 1 réaction(s)