10 février 2012
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Oubliées, les inquiétudes et interrogations suscitées par les petits soucis de mise au point : l'hydrolienne de Bréhat, au large de Paimpol, fonctionne correctement et a du répondant; elle produira bel et bien ses 2MW dans quelques mois. Hier soir, lors d'un rapport d'étape très attendu, Vincent Denby-Wilkes, délégué régional du groupe EDF et les «partenaires» de cet ambitieux projet de 40M€ - marins-pêcheurs, plaisanciers, associations environnementales, collectivités - affichaient un large sourire. Sur tous les plans, le prototype a répondu aux attentes. En deux mots, l'engin ne nécessite que quatre à cinq heures pour être déposé - à 30 mètres de fond - ou remonté en sécurité. Sur le plan mécanique, le défi d'utiliser un palier hydraulique au lieu du traditionnel roulement à billes a été parfaitement relevé: la turbine tourne rond et répond rapidement à l'impulsion des courants. Enfin, sur le plan électrique, puissance et rendements à basse vitesse et au niveau du démarrage seraient meilleurs que les prévisions les plus optimistes.
Un serpent de 16km
Bref, le programme va se poursuivre désormais à la vitesse grand V: le poste de livraison va être construit, début avril, à l'anse de Launay, à Ploubazlanec. Il y accueillera le câble de 16km; ce serpent jaune de 11,4cm de diamètre sera posé- et ensouillé dans les sédiments côté baie - au début juin. Quant à l'hydrolienne, elle doit faire son retour, cet été, au large de Paimpol et être définitivement installée à l'automne. Mais, auparavant, elle sera démontée à Brest puis expédiée en Irlande pour un examen approfondi de la turbine. Parallèlement, les techniciens et ingénieurs vont ausculter les nombreux capteurs pour affiner les réglages, apporter des améliorations et détecter d'éventuelles failles au niveau de la fiabilité.
Enjeu industriel
De fait, si le calendrier d'EDF se cale sur une mise en service effective à la fin de l'année, suivie par l'installation de quatrenouvelles hydroliennes en 2013, le groupe ne souhaite pas brûler les étapes: «Comme tout est nouveau, il reste encore beaucoup de défis technologiques à relever d'ici à l'automne». Par ailleurs, hors de question de transiger au niveau sécurité: «Si les conditions climatiques sont trop délicates à l'automne, nous décalerons les opérations au printemps». On peut également comprendre que la précipitation pourrait être fatale au projet, mais aussi au développement de la filière hydrolienne. Un enjeu essentiel pour la Bretagne, souligne Dominique Ramard, le «Monsieur énergie» du Conseil régional. Celui d'une dynamique industrielle qui devrait être «boostée», et par ce genre de projet et par la candidature de la région à l'accueil d'un pôle d'excellence «Énergies Marines», avec un Institut basé à Brest.

24 mai 2012 à 08h36 - 1 réaction(s)