1 avril 2009 - 1 réactions
Le biocarburant E10 fait son entrée aujourd'hui dans les stations-service françaises, mais avant même son lancement, il suscite déjà les critiques des pétroliers et des écologistes. Carburant composé à 90% d'essence sans plomb 95 et à 10% d'éthanol, l'E10 est censé contribuer à la lutte contre le réchauffement climatique. «Ça n'a aucun sens écologique et en plus, ce n'est pas rentable économiquement», assure Sébastien Godinot, de l'association Les Amis de la Terre. Les défenseurs de l'environnement dénoncent l'agriculture intensive, gourmande en engrais et pesticides, à l'origine de l'éthanol et dénoncent les fortes quantités d'eau nécessaires à la fabrication de cet alcool issu de la betterave. La critique n'est pas nouvelle. Dans un rapport publié en 2008, l'OCDE soulignait que les politiques de soutien aux biocarburants, très coûteuses, avaient un impact limité (de l'ordre de 1%) sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, selon l'Ademe, le plan biocarburant doit permettre à la France d'économiser six millions de tonnes en émissions de C02 en 2010.
Les compagnies freinent
En première ligne pour le lancement de l'E10, les compagnies pétrolières ne sont pas plus enthousiastes. Face aux difficultés de distribution, le nouveau carburant pourrait mettre près d'un an avant de faire son apparition dans certaines pompes. Loin de ces crispations, les betteraviers saluent un «lancement très attendu» qui offre un nouveau débouché à leur filière. Les perspectives sont en effet prometteuses pour la filière bioéthanol française, qui emploie déjà de 3.500 à 5.000 personnes pour un chiffre d'affaires de 500millions d'euros. Selon ses calculs, la consommation d'éthanol pourrait être multipliée par dix dans l'Union européenne d'ici à 2020.
