3 février 2012
Gaëtan a 15 ans. Il fait partie de ces élèves qu'on appelle les décrocheurs. Pour lui, c'est arrivé en 5e. «Je n'avais plus envie de travailler. J'étais flemmard, je n'allais plus au cours de soutien. J'avais un problème avec le prof de maths, j'ai été viré du cours pendant toute l'année». Aujourd'hui, ce jeune Finistérien a un peu repris goût aux études. Pris en charge dans une classe relais, à Brest, pendant six mois, à raison de deux jours par semaine, il est en 3eà la Maison familiale rurale de Saint-Renan (29). Gaëtan a désormais un but: «Je veux devenir carreleur».
1% des effectifs concernés
Combien sont-ils en Bretagne, ces élèves qui rejettent l'école? Pas facile à évaluer précisément. Récemment, un outil national a été mis en place pour les repérer, le SIEI (Système interministériel d'échanges des informations). «Même s'il a des défauts, il nous aide dans le repérage», explique Raymonde Rouzic, responsable du service orientation au rectorat. En novembre dernier, on avait repéré 5.026 jeunes de 16 à 19 ans que l'on ne retrouvait nulle part. Après des recherches, ils ne seraient finalement que 1.300réellement sans solution. 41% de ces jeunes repérés sortaient d'un lycée professionnel». Mais il ne s'agit là que de jeunes de plus de 16 ans. Grosso modo, on estime que pour l'ensemble du seconddegré, les élèves décrocheurs et en risque de décrochage représentent 1% des effectifs. Ce qui ferait à peu près 2.800 élèves.
Croiser les regards
La lutte contre le décrochage scolaire a été déclarée priorité nationale. Depuis mai2011, des plates-formes de suivi et d'appui aux décrocheurs ont été mises en place. En Bretagne, il en existe17. Elles regroupent les CIO (centres d'information et d'orientation), les missions locales, les MGI (missions générales d'insertion), Pôle emploi, les collectivités locales... «Il y a une vraie mobilisation», se félicite Raymonde Rouzic. La lutte contre le décrochage scolaire passe évidemment d'abord par la prévention. Elle est essentielle. Proviseur au lycée de Châteaulin (29), Gilles Bénic est également le responsable adjoint de la plate-forme du Pays de Cornouaille. Dans son établissement, comme dans tous les autres, il existe une cellule de veille pour repérer les élèves en phase de décrochage. «Absentéisme, résultats scolaires, passivité, nombre de passages à l'infirmerie... On essaie de croiser les regards. Cela permet de minimiser les départs en cours d'année». À ces élèves décrocheurs peut être proposé un autre projet d'orientation, vers la voie professionnelle par exemple.
Redonner du sens
Principal au collège Louis-Guilloux de Montfort-sur-Meu (35), Loïc Fouillet est très investi dans la lutte contre le décrochage. Il estime que sur les 200 élèves de son établissement, 24 y sont exposés. Comment éviter qu'ils décrochent totalement? «Le plus important, c'est de redonner du sens à la présence au collège». Pour cela, le collège leur propose de s'inscrire au brevet professionnel. «Ceux qui ont décroché depuis longtemps savent qu'ils n'auront pas le brevet classique. Mais le brevet professionnel, ça devient réaliste. Ils se disent que c'est possible». Redonner le goût d'apprendre, c'est aussi l'objectif des dispositifs relais, classe et atelier. «Il y a des jeunes qui s'ennuient et pour qui un enseignement général ne convient pas. Pour Gaëtan, cela semble avoir bien fonctionné. «La classe relais m'a sauvé. Sans elle, je pense que j'aurais complètement coulé. Ici, j'ai appris à obéir et à faire des choses».

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23 mai 2012 à 18h21

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