1 février 2012
Selon le rapport de la Cour des comptes, la gestion future des déchets nucléaires coûterait 28,3milliards d'euros. Un chiffre que le premier président de la Cour, Didier Migaud, a tenu à mettre en perspective. Selon le magistrat, une hausse des coûts de l'enfouissement profond de ces déchets radioactifs ou même du démantèlement des 58 réacteurs français en activité n'aurait qu'un «effet très relatif» sur le coût total de production d'électricité nucléaire. «La production d'électricité nucléaire a pour particularité qu'une partie de ses coûts est reportée après la période de production elle-même, pour des montants importants et sur une période de temps longue», des décennies voire des siècles, a expliqué Didier Migaud.
Charges «par nature incertaines»
Ces charges futures, dont une partie est provisionnée par les exploitants, sont «par nature incertaines», en particulier concernant le stockage dans les sous-sols profonds des déchets radioactifs qui n'est encore qu'à l'état de projet. L'Agence nationale de la gestion des déchets radioactifs (Andra) a été chargée de calculer les coûts qu'entraînerait un stockage des déchets de haute et moyenne radioactivité à partir de 2025 et pour une durée d'au moins une centaine d'années. L'exercice est, par définition, extrêmement difficile. Le devis s'élevait initialement à quelque 16milliards d'euros mais avait ensuite été réévalué à 36milliards par l'Andra. Un montant contesté par les producteurs qui ont formulé une contre-proposition à 14,4milliards, un chiffre étonnamment inférieur au premier devis de l'Andra, observent les sages de la rue Cambon.
Coût du démantèlement très hypothétique
Le coût du démantèlement des centrales nucléaires en activité, c'est-à-dire les dépenses de «démolition», est lui aussi très hypothétique. EDF estime qu'il lui en coûtera l'équivalent de 18,4milliards d'euros. Toutefois, «la Cour n'est pas en mesure de valider ce montant (...) en l'absence d'expérience réelle et comparable de démantèlement dans l'histoire», indique le rapport, qui recommande des audits extérieurs pour confirmer cette évaluation. À ce sujet, le ministre de l'Énergie, Eric Besson, a déclaré que des audits sur les devis de démantèlement «ont déjà été lancés» et seront achevés d'ici la fin de l'année. Mais là encore, une éventuelle augmentation du devis n'aurait qu'un impact limité sur le coût de production: + 5% dans l'hypothèse d'un coût de démantèlement doublé.
27 mai 2012 à 15h54
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