26 septembre 2009
D'intenses recherches se sont poursuivies hier pour tenter de retrouver l'un des pilotes de deux Rafale qui se sont abîmés jeudi en Méditerranée. Les enquêteurs évoquent la thèse de la collision pour expliquer l'accident. Et le Brésil s'interroge.
«Le pilote repêché a raconté ce qu'il a vécu et l'hypothèse la plus probable est celle d'une collision en vol», a déclaré hier le capitaine de frégate Bertrand Bonneau, du Service d'information et de relations publiques de la marine, à la suite du crash de deux Rafale jeudi. «Il nous faut mener une enquête (...) maisa priori l'accident n'a rien à voir avec l'avion, il s'agit d'un accident de vol», a ajouté le ministre de la Défense.
Le Brésil s'interroge
Le scénario privilégié par les enquêteurs est celui d'une collision à la suite d'un brusque virage à gauche de l'un des deux appareils. «Après le choc, le capitaine de corvette Beaufils (le pilote rescapé) a expliqué que son avion est parti en vrille, qu'il a pu s'éjecter. Lors de son éjection, il a constaté que l'avion de son camarade continuait de voler et nous avons perdu quelques minutes plus tard son signal radar», a expliqué Hervé Morin. Le commandement de l'armée de l'Air brésilienne a demandé hier aux autorités françaises d'avoir accès à l'enquête sur le crash des Rafale, un appareil que le Brésil prévoit d'acquérir. S'agissant des recherches du deuxième pilote, elles se sont poursuivies toute la journée hier, avec d'importants moyens auxquels s'est jointe l'armée de l'Air espagnole. Le disparu, François Duflot, avait 4.800 heures de vol à son crédit, alors que le rescapé, Yann Beaufils, en comptait 2.900.
Les deux Rafale qui se sont abîmés au large de Perpignan appartenaient en effet à la flottille 12F de la base d'aéronautique navale finistérienne, embarquée sur le porte-avions Charles-de-Gaulle. «C'est un coup dur», a expliqué le capitaine de vaisseau, Patrick Zimmermann, qui commande la base finistérienne depuis le 24juillet dernier. Ce nouveau crash survient en effet moins d'un an après la collision en vol de deux autres avions de chasse de la BAN, des Super-Etendard, survenue au large de Morlaix, le 1eroctobre 2008. Lors de cet accident, l'un des pilotes était parvenu à s'éjecter avant le crash. Le canot de survie de son collègue avait été retrouvé vide. Décédé lors du crash, Sébastien Lhéritier, 36 ans, avait reçu la Légion d'honneur à titre posthume. Une distinction remise par le ministre de la Défense, Hervé Morin, lors d'une cérémonie organisée à la BAN le 8octobre 2008. Les pilotes des deux Rafale Marine F-3 n'étaient pas membres de la flottille 12F de Landivisiau. L'un appartenait au Centre d'essai en vol (CEV-DGA), à Istres, l'autre au CEPA d'Hyères (Centre d'expérimentations pratiques de l'aéronavale). «Mais ces pilotes étaient passés chez nous et on les connaissait très bien», a indiqué le commandant de la BAN. Jusqu'à l'accident de jeudi, la flottille 12F comptait 17 Rafale monoplace. En dépit de la perte des deux aéronefs, toutes les missions d'entraînement ont été menées comme d'habitude, hier, sur le site finistérien de la Marine Nationale.
