22 septembre 2009 - 2 réactions
La gabegie continue à la SPA. La Cour des Comptes, qui pointe des gaspillages et des dysfonctionne- ments au sein de la Société protectrice des animaux, sonne l'alarme.
Gaspillages, défaillances de gouvernance et de direction, amateurisme, navigation à vue: la Cour des comptes dénonce pour la troisième fois les dysfonctionnements de la Société protectrice des animaux (SPA). «Cela fait plus de huit ans que nous critiquons la gestion de la SPA et nous ne constatons pas d'amélioration», a déploré Philippe Séguin, premier président de la Cour des comptes. «La SPA n'a pas su redresser la barre», contrairement à d'autres, selon Philippe Séguin qui cite l'Association pour la recherche sur le cancer (Arc) qui avait été épinglée en 1993.
Des comptes à rendre aux donateurs
La SPA, une des plus anciennes associations de France, fait appel à la générosité publique pour collecter des fonds et a donc des comptes à rendre à ses donateurs. A ce titre, le premier président de la Cour des comptes a estimé que «la SPA compromettait sa mission de protection animale et trahissait la confiance de ses donateurs». Et le rapport égrène des chiffres: les frais de traitement des dons ont ainsi presque doublé par rapport à 2003 atteignant 43% des montants collectés en 2007. Les réserves financières de l'association se sont élevées à 79millions d'euros en 2007, les placements financiers à 66,9millions d'euros, soit presque trois années de ressources issues de la générosité publique et pas moins de treize fois les dépenses annuelles d'investissements. Une thésaurisation «particulièrement anormale, tant au regard de la volonté des donateurs que de la vétusté de nombreux refuges de la SPA et plus généralement des besoins de la cause animale», souligne la Cour des Comptes.
La gestion des legs dans le collimateur
La gestion des legs est aussi dans le collimateuret le rapport dénonce «l'absence de règles claires pour la cession des biens immobiliers reçus en legs». La Cour des comptes a donc décidé d'alerter les trois ministères de tutelle de la SPA (agriculture, intérieur et jeunesse). Le ministère de l'Intérieur a aussitôt demandé au préfet de Paris de saisir le tribunal de grande instance afin qu'un administrateur judiciaire soit désigné. Dans sa réponse à la Cour, Virginie Pocq Saint-Jean, présidente de la SPA depuis novembre2008, a plaidé en faveur de son association, en revendiquant «l'indispensable utilité» publique qui lui a été reconnue depuis sa création en 1845.
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