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France

Corse. Sa culture, ses traditions sa charcuterie... d'importation

25 septembre 2009 - 3 réactions

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Un mythe s'écroule. Si elle conserve un goût fameux, la charcuterie corse n'a rien de... corse. Elle provient quasi exclusivement de porcs d'importation.

Ils sont nombreux les amateurs de charcuterie corse. «Rien à voir avec celle du continent», confirment les touristes. Le saucisson, cet indispensable souvenir de vacances dont les effluves rappellent si typiquement d'agréables moments passés sur l'île de Beauté, n'a à coup sûr de corse que le nom. Il a pratiquement toujours été fabriqué avec des porcs qui ont souvent fait un bien plus long voyage que l'acheteur. Arrivés de Bretagne, des Pays-Bas ou même de Chine, ces cochons à la base de cette charcuterie si marquée de corse «n'ont jamais vu un gland ou une châtaigne», tempête un artisan éleveur qui préfère ne pas être nommé. Ce recours à de la viande venue d'ailleurs n'a rien d'illégal: «Tant que les charcuteries corses ne disposent pas d'une AOP (Appellation d'origine protégée), il suffit que la viande soit salée, poivrée, et mise quelques semaines dans un fumoir, pour devenir corse», souligne Jean-Luc Guitard, directeur régional de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes. Ainsi, sur les marchés de l'île, 100% de la charcuterie est faite avec de la «viande foraine», une matière première venue d'ailleurs», ajoute son adjoint, Gilles Anjoubault. Une fois transformés, les produits sont commercialisés avec la mention «charcuterie corse» et des étiquettes arborant la tête de Maure ou une carte de l'île de Beauté. Selon les estimations, environ 10.000 tonnes de charcuterie sont vendues annuellement en Corse, alors que la production totale de charcuterie à base de porcs locaux n'excède pas 900tonnes. Car la production locale existe bel et bien. L'île compte plus de 200 «vrais» petits producteurs mais leurs charcuteries sont réservées d'une année sur l'autre. Et il n'y a pas de listes d'attente...

Quand Astérix met son grain de sel

Pour mettre un peu plus de clarté dans ce maquis des appellations pas tout à fait conforme aux attentes du consommateur, artisans et producteurs fermiers se sont mis d'accord pour respecter à l'avenir - mais pas avant plusieurs mois - un cahier des charges très strict imposant l'utilisation exclusive de porc corse. En attendant, chacun pourra se rabattre sur le saucisson d'âne. Lui au moins... En réalité, l'arrivée de cette spécialité sur les étals a suivi de peu son évocation erronée dans la bande dessinée de Goscinny et Uderzo. «Des touristes qui avaient lu l'album se sont mis à en demander, et certains producteurs à en fournir, mais ce saucisson n'a rien d'identitaire ou de typique. Nous n'avons jamais mangé nos ânes», précise Jean-Philippe Antolini, enseignant en histoire de la Corse.

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3 réactions

  • solenne
    Diviser pour mieux régner
    C'est quoi le but de cet article? diviser les régions? casser le morale des touristes qui n'ont pas les moyens d'acheter la production local. Moi en corse je mange de la charcuterie Corse, faites par un corse avec des cochons corses et une charcuterie de montagne. Alors quand je rentre en Bretagne, et que je trouve de la charcuterie "corse" évidement je ne suis pas dupe, mais elle me transporte encore un peu sur cette ile magnifique. Doit on leur en vouloir de se bouger le popotin pour faire vivre leur ile? Faisons le tour des marchés français, dom et tom , le tour des supers marchés, combien de "made in china"? alors laissez-nous nous faire avoir comme on n'en a envi et arretez de casser vos régions de france.
    Ajouté le 25 septembre 2009 à 09h49
  • Pitche
    AOP AOC VDQS AB ETC...
    Pour faire simple. A qui profite le crime ? Il est bien connu que la charcuterie corse n'a rien de corse. Et les petits (?) producteurs de se réjouir en proposant sur le marché du bouche à oreille une charcuterie locale et goûteuse. Pour le grand public de gogos que nous sommes, on leur vend leurs cochonneries à défaut de cochonnailles... Ces mêmes producteurs ne sont pas intéressés par l'appellation AOP, qui leur imposerait la construction de porcheries, d'unités d'abattage, d'entretien des forêts afin de replanter des chataigniers. Alors que maintenant, les carcasses leur sont livrées prêtes à être débitées. Que demande le peuple ? Et de toutes façons, nous serons toujours les ... cochons ... de payeurs.
    Ajouté le 25 septembre 2009 à 08h58
  • rayc...
    Délocalisation
    Et si nos éléveurs de porcs des Côtes d'Armor émigraient en Corse: -la charcuterie corse pourait bénéficier de officièlement de l'appellation d'origine controlée; -les bretons feraient cadeau aux corses des algues vertes; -les touristes déserteraient la Corse pour les Côtes d'armor
    Ajouté le 25 septembre 2009 à 09h49
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