26 novembre 2011
Dix-huit hommes et une femme ont été tués et une douzaine de tentatives de meurtres ont été enregistrées, depuis le début de l'année, en Corse, dont la population n'est que de 300.000 habitants, un bilan comparable à celui de la Sicile où vivent... six millions de personnes. Ainsi, jeudi, Antoine Santucci, un éleveur de porcs de 63 ans, a été tué par balles au volant de sa voiture sur la place de son village. L'un de ses voisins a été grièvement blessé, visé à son tour, selon les enquêteurs, parce qu'il avait peut-être aperçu les tueurs. Les deux victimes étant inconnues des services de police, les enquêteurs ont écarté l'hypothèse d'un règlement de comptes lié au grand banditisme et évoqué une querelle d'ordre privé.
Femmes et enfants désormais visés
Le 8novembre, c'est le dirigeant d'une société de sécurité, YvesManunta, un ancien militant nationaliste, qui a miraculeusement échappé à une tentative d'assassinat près de chez lui. Mais les tueurs ont blessé sérieusement de plusieurs balles sa femme et sa fille, âgée de onze ans, qui étaient à ses côtés en voiture. «En l'espace de deux journées, une déferlante de violence a remisé coutumes et soi-disant valeurs ancestrales de cette île dans un tiroir dont on a sans conteste perdu la clé», selon le journal Corse-Matin qui souligne que, désormais, femmes et enfants ne sont même plus épargnés par les tueurs. L'ancienne maire et ex-conseillère générale UMP de Grosseto-Prugna, Marie-Jeanne Bozzi, 55 ans, est ainsi tombée sous les balles, en plein jour, le 21avril, sur un parking de Porticcio.
Trois zones en particulier
Alors que plus de 300 personnes ont été victimes d'homicides en Corse depuis une quinzaine d'années, très peu de ces affaires sont élucidées. Si presque toutes les régions de l'île sont entraînées dans la spirale du crime de sang, trois zones sont particulièrement concernées: le golfe du Valinco, autour des villes de Sartène et Propriano, Ajaccio et ses environs, en Corse-du-Sud, et la plaine orientale, au sud de Bastia, en Haute-Corse. Les causes des homicides sont diverses: règlements de comptes liés au grand banditisme sur fond de contrôle des juteux marchés de l'immobilier, de la spéculation foncière, du contrôle de certains commerces (hôtellerie, restauration) et du trafic de stupéfiants, mais aussi querelles d'ordre privé ou vengeances personnelles. Pour un enquêteur, «la décomposition du milieu traditionnel et la circulation de capitaux importants liés au tourisme et à l'immobilier, sur fond de crise économique, a ouvert des appétits sans limite et le crime de sang est devenu un marché pour des équipes de tueurs, souvent très jeunes».

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23 mai 2012 à 18h21

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