13 mai 2009 - 1 réactions
La campagne européenne donne le sentiment de patiner. Que faudrait-il faire pour mobiliser l'électorat?
La campagne ne décolle pas parce qu'il n'y a que nos listes Europe Écologie qui parlent de l'Europe. La campagne ne peut décoller que s'il y a confrontation entre les projets européens. Si on instrumentalise la campagne européenne pour des destins présidentiels, elle ne peut pas toucher les électeurs.
François Bayrou et les socialistes appellent à un «vote sanction» contre Nicolas Sarkozy. Vous pensez donc qu'ils se trompent de combat?
Nous, nous voulons un vote sur le projet européen; un vote qui nous différencie des autres. C'est comme cela que l'électeur pourra choisir à partir des projets. Ce n'est pas Sarkozy qui ira siéger au Parlement européen. Ce sont les 72 députés élus en France qui siégeront dans les différents groupes politiques.
Vos listes comportent des gens qui ont rejeté le traité de Lisbonne, comme José Bové, et d'autres qui ont approuvé ce traité, comme vous-même. N'est-ce pas l'alliance de la carpe et du lapin?
D'abord, c'est très écologique. La carpe ne mange pas le lapin et le lapin ne mange pas la carpe. Face à l'urgence de la crise, il faut se rassembler sur un projet européen et cesser de regarder dans le rétroviseur. Nous sommes d'accord, José Bové, Eva Joli, Yannick Jadot, tête de liste dans le Grand Ouest, et moi-même sur un projet européen capable de répondre aux crises. Face à ces crises, c'est l'Europe qui donnera la réponse.
Faut-il poser la question du maintien de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne? Est-ce bien le moment?
C'est le moment, parce qu'il nous faut une majorité qui dira non à Barroso. Si nous obtenons une nouvelle majorité, de nouvelles personnalités émergeront. C'est d'autant plus nécessaire que je crois que l'actuel président de la Commission est un des responsables des fausses politiques néolibérales qui ont aggravé la crise.
Dominique de Villepin évoque la «situation prérévolutionnaire» de la France. Partagez-vous son diagnostic?
Je crois que la France est malade et qu'elle a besoin de trouver des solutions aux crises économique, financière, sociale et écologique auxquelles nous sommes confrontés. La France aime bien se rêver en pays révolutionnaire. Cela ne veut pas dire que nous sommes dans une situation prérévolutionnaire. Mais il est vrai que nous traversons une crise à laquelle il faut apporter des solutions. Pour prendre l'exemple de la Bretagne, il y a une crise de la pêche, une crise de l'agriculture et une crise de l'énergie. Il faut y répondre en formulant des propositions concrètes. Sur la question de l'énergie, nous parlons de l'indépendance énergétique de l'Europe en proposant des solutions comme celle qui est liée à l'énergie marine qui permettra de se passer du nucléaire et fera ainsi avancer la Bretagne.
Où situez-vous la barre de vos ambitions électorales pour le scrutin du 7juin?
Je crois que nous ferons 10%, et peut-être davantage au plan national. Et, dans le Grand Ouest, je pense que nous pouvons largement dépasser la barre des 10%.

23 mai 2012 à 20h02 - 16 réaction(s)
23 mai 2012 à 18h21

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