24 octobre 2009 - 1 réactions
C'était hier, à Paris, la fin d'un procès hors du commun dans lequel un ancien Premier ministre devait répondre de «dénonciation calomnieuse» à l'encontre de l'actuel chef de l'Etat. L'affaire Clearstream connaîtra son épilogue en janvier.
Après un mois de débats, le procès Clearstream s'est achevé hier par les plaidoiries des avocats de Jean-Louis Gergorin, considéré par le parquet comme le grand manitou de la manipulation qui a valu à Nicolas Sarkoy de voir son nom cité dans les listings Clearstream. C'est contre cet ancien vice-président d'EADS que le ministère public a requis mardi la plus lourde peine: trois ans de prison, dont la moitié ferme, et 45.000euros d'amende.
«Protéger Chirac»
Selon le vice-procureur Romain Victor, «la dénonciation est son oeuvre et il a obéi à un plan qui ne doit rien au hasard». A ses yeux «Jean-Louis Gergorin s'est moqué de la Justice. Il a été de la plus parfaite mauvaise foi (...) et n'a rien du grand étourdi» pour lequel il a tenté de se faire passer à l'audience. Ce n'est pas parce que leur client est un polytechnicien, énarque et un géostratège mondialement réputé qu'il n'a pas pu se faire duper, ont expliqué en substance Me Iweins et son confrère Me Thierry Dalmasso, les conseils de Jean-Louis Gergorin. Me Iweins a tenté une dernière fois de rejeter une partie de la responsabilité de cette affaire sur Dominique de Villepin. Il a affirmé que l'ancien Premier ministre avait nié avoir reçu une instruction présidentielle dans le seul but de «protéger» le président Jacques Chirac.
«La main ouverte vis-à-vis de Sarkozy»
A l'issue de cette plaidoirie, la 11e chambre du tribunal correctionnel de Paris a laissé une dernière fois la parole aux prévenus. Elle a ensuite mis sa décision en délibéré. Le jugement sera rendu le 28janvier. A sa sortie du tribunal, Dominique de Villepin a déclaré vouloir «tourner la page et regarder vers l'avenir». Il a aussi indiqué qu'il gardait «la main ouverte vis-à-vis de Nicolas Sarkozy», avant d'ajouter: «Je n'ai pas de rancoeur au fond de moi et je veux servir les Français à la place qui est la mienne».
Vannes ville. Semaine du droit. Un faux procès à usage pédagogique
Brest ville. Le spectacle de la «victime d'État»