7 septembre 2009 à 18h48
Les protagonistes de l'affaire Clearstream, dont Nicolas Sarkozy, partie civile du procès, posent les jalons de leurs offensives, à deux semaines du début des audiences devant le tribunal correctionnel de Paris au cours desquelles Dominique de Villepin sera confronté à ses accusateurs.
C'est le procureur de la République de Paris, Jean-Claude Marin, qui avait donné fin août le coup d'envoi des hostilités en estimant que M. de Villepin avait été un "bénéficiaire collatéral mais conscient" de l'entreprise présumée de dénonciation calomnieuse jugée à Paris à partir du 21 septembre.
Cette sortie, peu courante avant l'ouverture des débats, a suscité de violentes réactions des avocats des principaux protagonistes de l'affaire, de l'ancien Premier ministre à l'ancien vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin. Le chef de l'Etat, qui fait partie des 41 parties civiles au procès, est pour sa part sorti de son silence dans cette affaire. "Il y a procès, il y a deux juges, on peut considérer que c'est suffisamment grave pour qu'il y ait une audience correctionnelle, on en est là", a-t-il déclaré à des journalistes en marge de son déplacement à Brasilia. "Il est grand temps que toutes ces combines sous la Ve République, une bonne fois pour toutes, on en soit débarrassé. Qui que ce soit qui les fasse", a-t-il poursuivi.
"Les officines, les combines, il y en a eu beaucoup trop, et j'ai eu l'occasion de le montrer. Et plus personne ne sera victime de ça. Maintenant, que les prévenus s'expliquent et que les juges décident", a ajouté Nicolas Sarkozy. La révélation par le JDD samedi d'un extrait de procès-verbal d'une audition d'Imad Lahoud, soupçonné d'être le falsificateur des fichiers de la chambre de compensation, est venue accréditer cette thèse. Lors de cette audition menée par le juge Jean-Marie d'Huy dans le cadre d'une autre enquête, trois semaines après le renvoi de l'affaire Clearstream en correctionnelle, M. Lahoud, qui a tenu des propos contradictoires tout au long de l'instruction, a affirmé que "la cabale contre Nicolas Sarkozy était montée sous la connaissance de Dominique de Villepin", ce que ce dernier nie farouchement.