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Carnac (56). Le chef politique de l'ETA arrêté

19 octobre 2009 à 17h47 - 1 réactions

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Deux membres de l'organisation séparatiste basque ETA ont été interpellés ce matin à Carnac (56). Il s'agit d'Aitor Elizaran Aguilar,  principal responsable politique d'ETA, et de sa compagne Oihana San Vicente. Selon nos sources, ils auraient été hébergés en Bretagne avant d'être arrêtés.

Ces deux etarras ont été interpellés vers 11 h 30 par les hommes de la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la direction centrale de la police judiciaire, et la DIPJ de Rennes.

Leur arrestation a eu lieu dans l'allée des Lucioles, une voie perpendiculaire à l'avenue du Rahic. Cette avenue relie la plage au centre-ville de Carnac.

Plaqués au sol pendant quelques dizaines de minutes

Des témoins rencontrés sur place ont rapporté que la voiture des etarras sortait d'une placette lorsqu'elle a été bloquée par un véhicule de police qui venait de l'avenue du Rahic. Les deux membres d'ETA auraient été extirpés de leurs voitures et plaqués au sol pendant plusieurs dizaines de minutes. La scène s'est produite à proximité d'une école.

D'après le site internet du Nouvel Observateur, Aitor Elizaran Aguilar et sa compagne circulaient à bord d'une voiture volée. El Pais précise que le véhicule en question serait une Audi 3 dérobée dans le Maine-et-Loire, près d'Angers.

Hébergés dans la région "Plusieurs mois d'enquête et de surveillance" ont été nécessaires pour aboutir à cette interpellation effectuée dans le cadre d'une enquête préliminaire de la Section antiterroriste du parquet de Paris.

Selon nos sources, les deux membres de l'organisation basque auraient été hébergés dans la région avant d'être interpellés.

Transférés à Rennes

L'opération s'est déroulée en coopération avec la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) et la Garde civile espagnole.

Le couple devrait être conduit à la DIPJ de Rennes pour y entamer sa garde à vue - laquelle peut durer quatre jours en matière de terrorisme - avant d'être transféré dans les locaux de la SDAT à Levallois (Hauts-de-Seine) vraisemblablement au cours de la journée de mardi.

Le fils d'un ancien membre de l'ETA ?

D'après le site Internet eitb.com, le visage d'Oihana San Vicente "était apparu le 21 décembre dernier dans une photo publiée par le journal Gara, où quatre personnes annonçaient leur intention de rejoindre l'ETA". Mais une source proche de l'enquête précise que l'identité de cette dernière doit encore être confirmée.

Selon des sources antiterroristes citées par l'agence Europa Press, Aitor Elizaran Aguilar était chargé de transmettre les instructions d'ETA à la gauche indépendantiste radicale basque, qui a été une nouvelle fois décapitée la semaine dernière en Espagne.

 Le Monde rappelle qu'Aitor Elizaran Aguilar est le fils d'un ancien membre d'ETA, Justo Elizaran dit "Periko", assassiné en 1979 à Biarritz par quatre truands bordelais agissant pour le compte du Bataillon basque espagnol (BBE), un groupe armé prédécesseur des GAL (Groupes antiterroristes de libération).

Déjà une arrestation dans le Gard début octobre

 Le 11 octobre, deux hommes soupçonnés d'appartenir à l'organisation séparatiste basque ETA avaient été interpellés dimanche à Rivières (Gard), dans le cadre d'une enquête menée par le parquet de Paris, rapporte Le Parisien. Selon El Pais, cinq membres présumés d'ETA ont été interpellés en France ces dix derniers jours.

 En août dernier la collaboration policière franco-espagnole avait déjà mis à mal l'appareil logistique de l'ETA avec la découverte, en moins de trois jours, de sept caches d'armes et d'explosifs de l'organisation séparatiste basque dans le sud de la France.

La Bretagne, base logistique de l'ETA dès 1984

Les relations entre ETA et la Bretagne ont longtemps été intimement liées à la relation entre l'ETA et l'ARB, armée révolutionnaire bretonne. Et se sont traduites jusqu'au vol des explosifs de Plévin (1999) par une simple aide logistique...

Des liens entre les deux organisations se tissent à partir de 1984, lorsque la France interdit aux militants basques demandeurs d'asile de s'installer dans le sud-ouest du pays, de crainte que ne s'y développe une base arrière.

Nombre d'Etarras remontent alors jusqu'en Bretagne où ils trouvent des points communs idéologiques avec le mouvement séparatiste local, notamment la revendication identitaire ou la lutte contre l'Etat centralisateur.

Solidarité contestée

Progressivement, l'hébergement de membres de l'ETA entrés en clandestinité ou non encore identifiés comme tels se structure grâce au travail de Faustino Villanueva Herrera, dit «Txapu», responsable logistique de l'ETA.

Ce soutien apporté aux Etarras ne fera pas toujours l'unanimité dans les rangs de l'ARB. L'interpellation de «Txapu» en 1992 ainsi que le démantèlement d'une partie de son réseau affaibliront considérablement les capacités d'hébergement de l'ARB au profit de membres de l'ETA.

En 1997, le 25 novembre,  trois membres de l'ETA sont arrêtés à Pluzunet dans les Côtes d'Armor, où ils étaient hébergés

Le vol des explosifs de Plévin constitue le 28 septembre 1999, à coup-sûr,  l'apogée des relations qui ont existé entre les militants séparatistes bretons et basques. Et marque une rupture avec une tradition de simple soutien logistique.

Difficile pourtant, à l'époque, d'affirmer, qu'il s'agissait d'un prémice de collaboration plus active entre les deux organisations.

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1 réaction

  • andr...
    Encore !
    il ne se passe pas un jour sans que l'on arrête le chef de l'ETA et que l'on nous annonce que cette arrestation marquera la mort de ce mouvement.
    Ajouté le 19 octobre 2009 à 15h55
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