20 juin 2009
Trois jours après la demande du député-maire communiste de Vénissieux, André Gerin, avalisée par une soixantaine de députés, d'une commission d'enquête parlementaire sur le port de la burqa et du niqab, le porte-parole du gouvernement Luc Chatel n'a pas exclu une loi. «S'il s'avérait qu'après cette enquête, on s'apercevait que le port de la burqa était subi, (...), eh bien naturellement le Parlement en tirerait toutes les conséquences», a-t-il dit. «Un travail de fond» est nécessaire, a-t-il ajouté prudemment, rappelant que la loi de 2004 interdisant le port à l'école de tout signe religieux «ostentatoire», dont le voile, avait été adoptée après des années de polémiques.
«Ne pas réagir à l'émotion du moment»
La secrétaire d'Etat à la Ville Fadela Amara a qualifié la burqa de «cercueil» et de «signe de l'instrumentalisation politique de l'islam». Elle a appelé Nicolas Sarkozy à «se faire entendre». Interrogé à Bruxelles après le sommet européen, le chef de l'Etat a souligné que son «rôle est d'essayer de mettre les réponses dans un contexte général, non pas de réagir à l'émotion du moment». Il évoquera le sujet lundi devant le Congrès. Les organisations musulmanes, hostiles à une réglementation, et diverses personnalités de droite et gauche se sont interrogées sur l'opportunité de la proposition Gerin. Pour le ministre de l'Immigration Eric Besson, «un équilibre a été trouvé avec la loi de 2004 et il pourrait être dangereux de le remettre en cause». Au PS, Martine Aubry a invité à éviter les solutions «simplistes», estimant que si une loi interdisait la burqa, les femmes concernées seraient cloîtrées chez elles. Le député PS Claude Bartolone a craint qu'avec une initiative «spectaculaire», on «fasse reculer l'intégration républicaine».
