4 octobre 2009 - 1 réactions
A l'appel de Greenpeace, plus de 700 volontaires ont posé hier entièrement nus dans le vignoble bourguignon devant l'objectif du photographe américain Spencer Tunick, pour alerter l'opinion sur les dangers du réchauffement climatique pour la viticulture.
"Ce que vous faites est à mi-chemin entre une oeuvre d'art et une mobilisation citoyenne, c'est vous qui écrivez l'Histoire", a lancé Pascal Husting, directeur général de Greenpeace France, aux 713 hommes et femmes de tous âges, rassemblés aux abords du vignoble de Fuissé en Saône-et-Loire, dans le Mâconnais.
"Il faut tirer des sonnettes d'alarme"
Pics de chaleur, grêle... Selon Greenpeace, le prestigieux vignoble bourguignon est particulièrement exposé. "Ici, on est face à l'aboutissement le plus absolu de la notion de cépage. Le sol et le climat sont très importants et les changements les plus infimes au niveau des températures feront des ravages car il n'y aura plus cette finesse du goût mondialement reconnue", a averti Pascal Husting. Par militantisme ou pour la performance artistique, ces volontaires "vont montrer comment la fragilité de leur corps est étroitement liée à la fragilité des éco-systèmes", a-t-il dit.
"Pour que les personnes prennent conscience de l'urgence, il faut tirer des sonnettes d'alarme", explique pour sa part le propriétaire récoltant Fabio Montrasi, qui accueille l'opération. Lui-même avait déjà participé à une mise en scène de Spencer Tunick en 2005 à Lyon et s'est dit "enthousiasmé" par la proposition de Greenpeace.
Ambiance bon enfant
Venue avec une amie, Mélanie, une Bourguignonne de 30 ans, reconnait qu'elle "stressait un peu" au début. "Ce n'est
pas évident, mais au-delà de la cause, c'est aussi un challenge personnel", confie la jeune femme, qui apprécie les
mises en scène du célèbre artiste américain. "Au début, l'atmosphère était étrange. Les gens se regardaient pour savoir si les autres étaient détendus. En se déshabillant, certains riaient, vaguement gênés, mais le fait que tout le monde se mette nu, c'était devenu très naturel", a-t-elle ajouté.
Dans une ambiance bon enfant, les participants prennent position dans les rangs de vignes, une bouteille à la main, pour
la première des quatre séances photo, suivant les conseils en anglais de Spencer Tunick, perché sur une nacelle avec un
porte-voix.
"On vendange de plus en plus tôt"
Marc, un viticulteur bio du Mâconnais est venu avec son épouse pour sensibiliser l'opinion sur le réchauffement
climatique. "On se rend compte qu'on vendange de plus en plus tôt", relève ce quinquagénaire, qui produit du Mâcon
blanc depuis 25 ans. Passée la "gêne de la première seconde", il souligne "l'ambiance extraordinaire". "Sans vêtement, on est sur un pied d'égalité et ça permet de mélanger des gens d'horizons très différents, c'est super", assure-t-il.
En vue de la conférence internationale sur le climat à Copenhague, Greenpeace appelle les pays industrialisés à réduire
d'au moins 40% leurs émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, tout en instaurant des mécanismes financiers
permettant aux pays en développement de relever ce défi.
