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Bretagne

Blocage et crispations autour des jeudis alcoolisés à Brest

26 novembre 2009

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A Brest, tous les jeudis soir, la place de la Liberté est noire de monde. C'est le lieu de rendez-vous des étudiants pour leurs soirées en ville. Au grand dam des riverains.

Les «soirées» étudiantes en pleines rues sont apparues au centre-ville de Brest vers 2003. Après s'être déroulé dans le quartier Saint-Martin, le phénomène s'est déplacé sur la place de la Liberté, directement sous l'hôtel de ville. Quand la météo le permet, des centaines d'étudiants ont pris l'habitude de s'y retrouver spontanément et, pour nombre d'entre eux, d'y consommer de l'alcool, jusque tard dans la nuit. Hormis quelques débordements, aucun incident majeur ne s'y est encore déroulé, même s'il n'est pas rare, par exemple, de voir certains participants à ces libations, juchés sur les poubelles du quartier, organiser des glissades jusqu'au bas de place, sans tenir compte des débris de verre qui jonchent l'endroit. Et tant pis pour les équipes de nettoyage qui interviennent aux aurores.

Riverains ulcérés

Ces rassemblements, que des assos étudiantes tentent tant bien que mal de canaliser, se déroulent en présence de secouristes prêts à intervenir si besoin. Reste que le vacarme que provoquent ces fêtes sauvages, ainsi que les flaques d'urine et de vomi laissées sur les lieux, ont fini par ulcérer nombre de Brestois, dont les riverains de la place. Le «collectif pour le rétablissement du droit, de la salubrité et de la qualité de vie au centre-ville» constitué en octobre réclame une intervention rapide des pouvoirs publics.

Statu-quo

C'est là que le bât blesse. Depuis des mois, les autorités préfectorales laissent planer l'éventualité d'un arrêté qui interdirait la consommation d'alcool au centre-ville. Rien n'a encore été signé. De son côté, le maire de Brest, François Cuillandre, a toujours refusé de prendre un arrêté municipal et ne croit pas à l'efficacité d'une telle mesure: «Partout où ces arrêtés ont été pris, ces phénomènes ont perduré, avec des risques d'affrontements avec la police», déclarait-il encore en conseil municipal à la fin octobre. Avant d'ajouter que «de toute façon, si des solutions miracles existaient, l'ancien ministre de l'Intérieur devenu président de la République les auraient appliquées partout...». L'installation récente du traditionnel marché de Noël sur la place de la Liberté empêche pour quelques semaines toute nouvelle soirée étudiante de s'y tenir. Mais on peut s'attendre à ce qu'elles repartent de plus belle, à partir de la fin des partiels de janvier.

  • Patrice Le Berre
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