17 septembre 2009
L'enquête portant sur le patrimoine en France de trois chefs d'Etat africains connaît un nouvel épisode. La cour d'appel doit décider si les investigations doivent se poursuivre. Le parquet s'y oppose.
La doyenne des juges d'instruction financiers de Paris, Françoise Desset, avait donné début mai son feu vert à l'ouverture d'une enquête sur les conditions d'acquisition d'un important patrimoine en France par trois chefs d'État africains - Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang de Guinée équatoriale et le défunt chef d'État gabonais Omar Bongo, et des proches de ces présidents.
160millions d'euros
Le parquet de Paris, opposé à la décision de la magistrate, a saisi la cour d'appel qui doit dire si la Justice peut ou non pousser plus loin ses investigations. La décision sur ce dossier, examiné aujourd'hui, devrait être mise en délibéré. A l'origine de cette affaire figure la plainte de l'association anti-corruption Transparence internationale France. Cette plainte concerne les chefs de recel de détournement de fonds publics, blanchiment, abus de bien social, abus de confiance et complicité. D'après cette ONG, le patrimoine immobilier des trois chefs d'État en France s'élèverait à 160millions d'euros. Le rapport de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière transmis en 2007 au parquet de Paris, relève que les enquêteurs ont «mis au jour un parc automobile conséquent». Un fils d'un des chefs d'État visés par la plainte aurait ainsi fait «l'acquisition en France d'une quinzaine de véhicules» avec un financement «pour le moins atypique». Plusieurs enfants de ces dirigeants africains auraient ainsi acheté des véhicules de luxe (Mercedes, Aston Martin, Ferrari) à l'aide de chèques émis par des sociétés ou des tiers.
Une dizaine de comptes en banque
Les policiers ont également relevé un patrimoine immobilier important localisé dans lesVIIe, VIIIe et XVIe arrondissements de Paris ou les villes de Neuilly-sur-Seine, Nice ou encore Aix-en-Provence. La superficie de ces appartements ou maisons est le plus souvent supérieure à 100m². Les policiers ont également fait l'inventaire des comptes et livrets bancaires détenus en France par les chefs d'État et leurs proches. L'un des fils d'un dirigeant africain disposerait à lui seul de huit comptes ou livrets dans une banque niçoise, une autre aurait dix comptes dans trois banques parisiennes.
